mercredi 28 décembre 2011

Baume 118 à la rose - Crème SOS anti déshydratation

Roses

Je suis sûre que vous connaissez tous vos classiques et peut-être que comme moi vous avez adoré Le père Noël est une ordure, dont je connais toutes les répliques par coeur ! Du coup, on se lasse un peu hein ? Alors, pour varier les plaisirs, je vous présente la version 2011 et made in Italy de ce chef d’oeuvre du café-théâtre français. Dans le rôle de l’ordure – heu... je veux dire du père Noël : l’ami Murphy. Quant aux autres protagonistes, victimes non-consentantes du Père Noël : votre dévouée Lolitarose et son Zhom chéri. 
Pour celles qui ne connaîtraient pas mon ami Murphy et ceux qui veulent s’offrir une tranche de rigolade (à mes dépends) en remplacement de la traditionnelle tranche de bûche glacée de circonstance, venez faire un tour par ici, vous ne le regretterez pas !
Allez, installez-vous confortablement dans un fauteuil douillet et délectez-vous des nouvelles mésaventures d’une parisiano-romaine en détresse.




Alors que je m’interrogeais sur comment organiser un premier Noël à Rome un peu original, mon ami Murphy qui n’avait  plus donné de ses nouvelles depuis notre arrivée à Rome, a décidé de s’inviter à notre table pour fêter le divin enfant en notre compagnie.
L’ami Murphy, disais-je, est donc de retour chez Lolitarose et zhom chéri. Comme le père Noël du Splendid, il est arrivé le 24 décembre au soir, mais comme le Renard de La Fontaine, par l’odeur alléché, il a décidé de débarquer à l’heure où je préparais le dîner. Il a gentiment attendu que le four soit allumé et là : Surprise ! Surprise ! Loli et Zhom chéri se sont retrouvés sans prévenir dans le noir le plus absolu. Plus d’électricité, c’est-à-dire plus de four pour cuire les pigeonneaux, plus de chauffage, plus de téléphone... Bref plus d’espoir de réveillon de Noël. 
La gentille plaisanterie a duré jusqu’au lendemain midi où SOS électricité – l’alter égo de SoS détresse-amitié-bonjour – est venue rétablir le courant.  Entre temps, Zézette – Loli avait hurlé de désespoir et versé toutes les larmes de son corps en maudissant ce pays de M... où rien ne fonctionne et ...
« Bouh ! je veux rentrer à Paris ! je veux voir mon Périph-Sud et sentir les pots d’échappement. Bouh ! je hais Rome, je hais l’Italie, je hais tous les italiens ! Bouhhhh !!!!  je veux mouriiiir !!!» .
Couchés 22h00 le ventre vide.
Le lendemain, jour de Noël donc, SOS détresse-amitié-bonjour, après moultes trifouillages dans les fils du réseau électrique de l’immeuble nous rebranche au paradis et nous nous apprêtons enfin à déguster un bon repas de Noël.
Après une entrée légère, c’est aux pigeonnaux de faire leur entrée dans nos assiettes... malheureusement accompagnés du toujours sympathique ami Murphy, que j’avais un peu trop vite perdu de vue.
Sitôt engloutie la première bouchée de viande, Zhom vire au rouge écrevisse, ouvre des yeux affolés, remue les lèvres tel un poisson cherchant à respirer hors de l’eau et commence à suffoquer et à s’étouffer sans moyen de se calmer. Le pigeonneau – ou l’ami Murphy – lui est littéralement resté en travers de la gorge. 

Paniquée, j’appelle le  118, numéro italien des Urgences, qui nous envoie aussitôt une ambulance. Et c’est ainsi que votre Lolitarose et son Zhom chéri ont passé le plus original de tous les Noëls, visitant ainsi le service des urgences de plusieurs hôpitaux romains. Vingt-quatre heures de stress et de fatigue dans une atmosphère chauffée à blanc avant que les hommes en blouse blanche  viennent enfin à bout de ce coquin de Murphy qui s’était subrepticement glissé jusqu’aux tréfonds du gosier de ce pauvre Zhom.

Quelle ordure !
Pu**in de Père Noël

Au bout de 24 heures d’un air sec et surchauffé, la peau de mon visage, habituellement mixte voire grasse, s’est totalement déshydratée, devenant fine, sèche, déquamée et avec des plaques rouges à hauteur des pommettes. Quant aux lèvres, elles étaient  tout simplement brûlées comme après un séjour dans l’air sec du désert. 
Une fois rentrée à la maison, après 48h00 de diète  (qui a dit qu’on grossissait pendant les fêtes de fin d’année ?)et une nuit sans dormir, mais avec un Zhom heureusement remis d’aplomb, je me suis jetée sur la seule crème riche que j’avais sous la main afin de chasser mon deuxième ami qui s’était également invité à l’insu de mon plein gré et caché lui dans la salle de bains, E.T. 
Une crème de ciste offerte par Michèle (je ne vous mets pas de lien car je n’ai pas retrouvé la recette sur Potions) et que j’utilisais ponctuellement en crème de nuit réhydratante, tant elle a un effet re-pulp immédiat, m’a littéralement sauvé la peau. Son seul « défaut » (qui est en fait en temps normal une qualité !) est son effet tenseur qui me gênait sur une peau qui tiraillait autant que la mienne. Dis Michèle, s’te plaît, tu veux bien nous donner la formule de cette petite merveille ?
J’ai ensuite réfléchi à une formule à réaliser, très simple (pas le temps, ni le courage, ni même l’énergie de me lancer dans l’élaboration d’un soin compliqué) avec un seul objectif : hydrater, hydrater, hydrater. J’ai d’abord pensé à une cold cream, puis je me suis souvenue d’une lecture sur les vertus cosmétiques de la lécithine (dont j’ai depuis perdu la trace mais qui mettait en exergue l'extrême compatibilité de cet émulsifiant un peu "grossier" avec la peau), également souvent vantée par ma copine MLK. 
Quelques lectures sur les blogs et forums (je n’ai jusqu’ici jamais testé la lécithine ni cosmétique ni alimentaire), quelques gribouillis sur un cahier et hop ! la formule du baume 118 était née. 
Baume 118 à la rose
Je l’ai baptisée « baume » bien que sa composition en soit assez éloignée, car le mot « baume » évoque pour moi l’effet réparateur, de soulagement tant physique que psychologique. C’est pour cette raison que je l’ai décliné en version « rose » (la fleur, pas la couleur), car je trouve que la vue comme le parfum d’une rose est immédiatement apaisant. Quant au 118, c’est en Italie le numéro des Urgences.
Je vous livre donc la recette du baume 118 à la rose.

Formule 100% + actifs et parfums 2,5%
Huiles et beurres 20%
-5% macérat de roses centifolia (Erboristeria antica- Rome) sur jojoba
-4,4% beurre de kokum (AZ)
-3,6% huile de coco (Aromafarmacoteca d’Alena-Rome)
-2% huile de rose musquée (Erboristeria antica-Rome)
-2% huile d’argousier (AZ)
-1% huile de coco fractionnée (The Herbarie-USA)
Pâte émulsifiante 65%
-50% hydrolat de lavande (maison)
-15% lécitine en granulés (Aromafarmacoteca d’Alena-Rome)
Phase aqueuse 15%
-10% gelée d’agar-agar (Algoplus-Roscoff) concentrée à 0,5% (avec conservateur à 0,7%)
-3% glycérine (Aromafarmacoteca d’Alena - rome)
-2% extrait hydroglycériné de roses centifolia maison ultra odorant(avec conservateur)
Ajouts 1,5%
-1% gelée royale fraîche (Laiterie Cisternino-Rome)
-0,5% conservateur (Cosgard AZ)
Parfum actif 1%,dont en gouttes pour env. 100 gr de produit fini
*10 absolue de rose (Bilby)
*8 HE bois de rose (AZ)
*3 HE ciste (Florame)
*3 HE géranium rosat (Fraisse & Quattrone)
*3 HE curcuma (l’Astérale)
Le mode opératoire est enfantin. Tout est réalisé à froid, si ce n’est la fonte au bain marie très doux du beurre de kokum et de l’huile de coco.
Préparer à l’avance (la veille par exemple et conserver au frigo) le gel d’agar-agar (et oui ! encore un ingrédient culinaire !). De préférence, la veille, ce qui lui permet de prendre la consistance voulue. Verser la poudre d’agar-agar dans de l’eau distillée. Mélanger. Faites bouillir le mélange 2-3 minutes en remuant à la cuillère. Eteindre le feu. Attendre que la température du mélange baisse un peu (pas trop quand même pour que ça n’ait pas eu le temps de gélifier) et introduire 0,7% de COSGARD pour éviter tout risque de contamination. L’agar-agar étant un excellent vecteur bactériologique, il est extrêmement important de respecter des règles d’hygiène très strictes et de conserver efficacement.
J’ai fait un gel aqueux à 0,5% mais pour une meilleure consistance pousser jusqu’à 0,7-0,8% de poudre d’agar.
Je ne m’étends pas sur les propriétés de l'agar-agar car j’ai une autre formule dans les tuyaux où j’en parlerai plus longuement.
Deux heures avant de commencer, mélanger l’hydrolat de lavande et la lécithine, qui se présente en granulés couleur beige-doré. Couvrir d’un film alimentaire et réserver au frigo pendant deux bonnes heures.
Au bout de deux heures, les granulés ont gonflé et se sont plus ou moins dispersés dans l’eau. Mélanger énergiquement à la cuillère magique ou mieux si la quantité le permet au mini mixer girafe. On obtient une sorte d’émulsion gélifiée qui ressemble fort à du jaune d’oeuf battu (normal, me direz-vous).
Verser les huiles végétales dans les beurres fondus afin de les ramener à une température inférieure à 40°.
Introduire un à un les ingrédients de la phase aqueuse dans la pâte émulsifiante. Mélanger énergiquement pour bien incorporer. 
Introduire ensuite lentement la phase grasse  dans le mélange lécithiné et mélanger vigoureusement  pendant plusieurs minutes afin d’obtenir une belle émulsion de consistance assez fluide. L’utilisation du mixeur est recommandée pour une meilleure stabilité et homogénéisation de l’émulsion, mais si on a le coup de main énergique on peut faire sans.
Incorporer la gelée royale et bien mélanger. Puis le conservateur et enfin la synergie parfumée, particulièrement agréable avec une pointe douce et suave qui ajoute à l’effet réconfortant de l’émulsion.
Le résultat après 12 heures de repos est une crème assez fluide mais qui se tient en raison du fort pourcentage de beurres solides (10% dont le kokum que j’ai privilégié au karité en raison de sa dureté presque cireuse), sinon les émulsions réalisées à la lécithine sans ajout d’épaississants donnent des textures très fluides (trop à mon goût). 
Texture caractéristique
C’est une crème moins onctueuse qu’une émulsion réalisée avec de vrais émulsifiants et co-émulsifiants, y compris le végémulse. Elle a en outre la couleur caractéristique beigeasse foncé des émulsions à la lécithine. Un peu de CO2 d’argousier (mais impossible de remettre la main sur le flacon...) ou encore une goutte de macérat d’orcanette l’auraient rendue plus alléchante.
L’application sur la peau n’est pas non plus aussi agréable – j’entends par là  avec ce petit côté sensuel des belles textures très travaillées dont les tambouilleuses maison ont le secret– qu’un soin classique : sensation de léger gras, voire un peu glu-glu si on met une trop grosse quantité et si on ne masse pas suffisamment. Une plus faible proportion de lécithine (<10%) aurait sans doute amélioré le résultat, mais avec un rendu plus fluide encore ce que je ne souhaitais pas.
Bon, je critique, je critique, mais l'émulsion n'est pas à jeter quand même ! Elle mérite juste d'être un peu sophistiquée. Elle n'en reste pas moins très agréable : légère, avec un bon glissant, émolliente et laissant un film doux sur la peau.
Et côté thérapeutique, c’est du 100% bonheur et ce, même en l’absence (volontaire pour tester le comportement de la lécithine) de tout actif hors la gelée royale. Sensation de fraîcheur et réhydratation de l’épiderme sont immédiates. Les ridules de sécheresse disparaissent instantanément, ainsi que les plaques rouges et le début de déquamation. Après une nuit sous une couche un peu épaisse, la peau est visiblement repulpée. En plus, malgré la présence de 10% de beurres, l’émulsion est bien absorbée par la peau et ne laisse aucun film blanc. 
Je suis convaincue qu’elle serait parfaite en association avec un ester de sucre. Et ça tombe bien, je viens justement d’en réaliser une version maison que je me faisais une joie de tester pendant le week-end de Noël. Mais ça n’est que partie remise !
Les cosméteuses italiennes préconisent d’utiliser la lécithine alimentaire après l'avoir laissée macérer à chaud dans l'huile pendant une vingtaine de minutes. Le résultat serait une crème plus claire (plus près du blanc cassé) mais également une odeur forte pas forcément plaisante dans un soin cosmétique. A suivre...
En conclusion, si la lécithine de soja n’est pas l’émulsifiant le plus sophistiqué à disposition des tambouilleuses maison, elle a en revanche des qualités incomparables en raison de son affinité avec la peau et mérite amplement de figurer en bonne place sur les étagères du placard à cosméto-kitchen. 
Si l'ami Murphy ne revient pas me pourrir la vie pendant ma semaine de repos à la campagne, je vais essayer de démarrer 2012 avec de nouvelles expériences très cosméto-kitchen.




dimanche 18 décembre 2011

BB cream effet nude, le soin le plus trendy de la saison

BB cream effet Nude

Depuis que j'ai découvert que j'étais une arriérée, j'en suis toute tourneboulée. Pensez-donc, môa THE Lolitarose of Paris, me faire traiter d'attardée mentale ! Môaaa ! THE Lolitarose qui a été encensée par le cultissime magazine ELLE ! Môaaa !!! qui croyait que revenir à la nature, être green, quoi ! ça faisait de moi une it girl. Eh bien, non ! même ma super copine Michèle me l'a dit sur son blog : "Ma pôv Loli, aller cueillir tes olives pour faire de l'huile, quelle ringarde !"

Tour-ne-boulée, j'vous dis ! J'ai donc réfléchi au meilleur moyen de faire remonter ma côte de "jeune fille branchée" ; je me suis jetée à corps perdu dans la lecture des pages beauty des mag les plus pointus pour dénicher le produit culte de la saison. Et à l'unanimité, c'est la BB Cream (prononcez BiBi criiim, si vous ne voulez pas passer pour une attardée) qui remporte haut la main l'oscar toutes catégories. 

J'ai donc appliqué mon fond de teint Clarins, noirci mes yeux au khôl Dior, enduit mes lèvres de Rouge braise de chez Givenchy et, chaussée de mes  cuissardes stiletto, je me suis précipitée à la chasse à la BB Cream dans l'endroit le plus hot de Rome en ce dimanche matin (Heu, matin de parisienne hein ? c'est-à-dire réveil à 10h et déj à 16h). Et vous voulez que je vous dise où qu'il est le coin le plus cosméto-hot de Rome ? Hein ?

Allez, j'suis sympa, j'vous l'dit : c'est LOLITAROSE's Kitchen 

Ben voui, on se refait pas, ma pôv dame !

Mais reprenons du début. Si vous ne connaissez pas encore les BB creams - ce qui paraît difficile tant on ne parle plus que d'elles dans tous les magazines, sachez que c'est le produit cosméto le plus TRENDY du moment.

Glamour en parle ici et encore
Mais vous trouverez également des multitudes d'articles  et de blogs qui traitent  le sujet le plus chaud de la saison.

Alors c'est quoi au juste une BB cream ? et qu'est-ce qui justifie cet engouement interplanétaire ? Parce que il n'y a pas qu'en France qu'on se les arrache, les BB ; les Asiatiques qui ont été les premières à les adopter et à les adorer en sont les plus grosses consommatrices. Et les sites asiatiques regorgent d'un choix impressionnant de ces BB cream.

Allez, je vous fais un petit topo rapide qui reprend en synthèse tout ce que j'ai pu lire sur la question. Et qui va très vite vous éclairer sur le pourquoi d'un tel engouement.

B B cream sont les acronymes pour blemish balm cream. Dit autrement, la BB crème est un baume (au sens baume au coeur plus que par sa formule) anti imperfections. La légende raconte que ce soin aurait été mis au point en Allemagne par des dermatologues pour apaiser et protéger les épidermes agressés des femmes qui venaient de subir des peelings ou autres soins médicaux-esthétiques ayant une action agressive sur la peau. Ces crèmes contiennent donc à la fois des actifs apaisants et réparateurs, mais également une bonne protection solaire et elles ont également un effet perfecteur du teint, comme un fond de teint mais sans fond de teint. Vous suivez ?

D'Allemagne, la BB cream aurait atterri en Corée (sans qu'on ne sache vraiment comment, mais c'est ainsi que naissent les légendes...) et, toujours selon la légende, les actrices coréennes, toujours à la recherche du teint parfait se la sont arrachée. Le bouche à oreille a fait le reste et depuis tout le continent asiatique ne jure que par sa BB cream

La première BB cream, et la plus célèbre, apparue sur nos marchés occidentaux est d'ailleurs une marque d'inspiration coréenne The erborian (pas  tout à fait coréenne en fait car les deux co-fondatrices sont d'anciennes d'un grand labo national). Mais il y en a quantité d'autres. Si ça vous dit, allez faire un tour sur le blog de Mavalca qui en a testé pas moins de 13 ! 

Alors, pourquoi on la veut toute cette BB cream ?

Et bien, la première raison c'est que c'est une "tout en un" et donc fini les heures passées à la salle de bains à superposer les couches dans le but d'avoir un teint parfait.

Avec la bonne BB cream, vous n'avez en principe besoin de rien d'autre, si ce n'est bien sûr d'un peu de maquillage, mais pas de fond de teint ! car si la BB cream se présente sous forme d'une crème légèrement teintée, elle n'est pas un fond de teint.

C'est une crème hydratante (pour peu qu'elle ait été bien formulée pour apporter le bon niveau d'hydratation)
C'est un perfecteur de teint : entendez par là qu'elle va  harmoniser votre teint en lui conférant plus de luminosité et d'éclat ; en floutant les rougeurs dues aux irritations, aux excès de sébum, etc ; en apportant un toucher doux et velouté, certaines vantent un effet "baby skin". 

Tout ça avec un effet invisible, "nude" si on veut rester dans la terminologie trendy. Pas d'effet plâtre ou masque, donc. Que du naturel, de la légèreté et de la luminosité. Du NUDE, on vous dit. 

Nudo by Pomellato
Vous commencez à entrevoir ce qui m'a séduite dans le concept ? Lolitarose, le Nudo (c'est pas mal non plus en italien, non ?) elle adoore !  D'ailleurs, mon bijou chouchou, ce sont les cultissimes bagues Nudo de chez Pomellato. Un must en matière d'élégance et de beauté !  Mais revenons à nos BB.

Fort intriguée par le concept, je suis allée jeter un oeil à la composition de certaines d'entre elles et OUF ! j'ai été rassurée, pas de risque qu'on me prenne pour une arriérée ! Alors, liste d'ingrédients à rallonge bien sûr et blindée de silicones et de produits plutôt synthétiques. Tant mieux, hein ? parce qu'avec les huiles végétales, on risquait à coup sûr les bactéries, alors qu'avec du bon plastique, on est tranquille au moins. Des filtres UV minéraux, mais pas toujours et côté actifs,  des extraits de plantes aux vertus apaisantes, anti oxydantes, anti-âge... Ben zut alors ! z'ont des attardés dans les labos ?

Après avoir étudié et examiné à la loupe les compo de plusieurs d'entre elles, j'ai jeté mon dévolu sur ....

loli's kitchen
MON PLACARD A CUISINE

Et oui, que voulez-vous, quand on appartient à la Tribu des arriérées, c'est pour la vie !

Pour finir donc, j'ai composé ma propre formule avec les ingrédients que j'avais à disposition. Je suis partie de la structure de celle de the Erborian  et j'ai peu à peu élaboré ma propre formule (sur le papier, hein, parceque je sentais bien le gros boulot que me demanderait la mise en oeuvre). Eh là ! c'est que je vis au Sud moi maintenant, donc en mode Dolce Vita & Slow (skin) food.

Mais finalement la tentation a été trop grande et j'ai fini par me lancer.

En examinant la composition de The Erborian, j'ai repéré comment était structurée la formule :
BB Cream

De l'eau tout en haut, bien sûr. Puis un plein chaudron de silicones à tous les étages. Pas mal d'humectants et d'émollients : la glycérine est également placée dans les hauteurs. De l'alcool aussi, juste après la glycérine. En pole position également un premier filtre solaire (titanium dioxyde, que je n'avais pas), suivi d'un second un peu plus bas (oxyde de zinc). Des sucres tels la bétaïne et le sorbitol (pas dans mon placard non plus, malheureusement car ce sont d'excellents ingrédients). En descendant du talc, de l'argile. En fin de parcours de l'acide palmitique. Et plusieurs extraits de plante très intéressants, dont le gingseng, le kava, le pourpier, la prêle, la réglisse et le wild yam, qu'on appelle communément igname sauvage et qui serait un précurseur de la DHEA, un vrai bijou pour la peau mais controversé au même titre que la vraie DHEA.

J'ai donc remouliné tout ça à la sauce Lolitarose, avec du naturel autant que faire se peut.  

Allez, je vous sens trépigner derrière vos écrans, alors la voici - la voilà la déjà cultissime B.B. Cream de Lolitarose !

PHASE AQUEUSE
-QSP HA de roses maison (ben vouiiii !)
-20% décoction de prêle maison (re-ben vouiiii) ( pour le silicium et les flavonoïdes et pour diluer les poudres et pigments)
-5% alcoolature d'encens maison (no comment, c'est sans espoir !)(anti-inflammatoire)
-5% glycérine
-0,3% gomme acacia (effet lissant et tenseur) 

HUILES
-1,5% HV son de riz (riche en acide palmitique)
-1,5% macérat de roses sur jojoba maison (pour l'effet lissant et silicone-like)
-1,5% isopropyl palmitate (pour la légèreté et l'effet silicone-like)
-1% squalane (encore pour l'effet silicone-like)

Rajouté à froid
-0,5% HV rose musquée (pour l'effet anti-oxydant et donc anti-âge)
-0,5% HV d'argousier (anti-oxydant puissant)

CIRES
-5,5% olivem 1000 (capable d'émulsifier avec une faible quantité d'huile)
-2% cétyl palmitate (pour la finesse )
-1% cétéaryl glucoside ( un ester de sucre très émollient)
-1% cétéaryl alcohol (épaississant)
-0,5% glycéryl stéarate (co-émulsifiant très fin et confortable)

ACTIFS
-1,5% complexe hydratant
-1,5% acmella olearea extract (anti-rides)
-1% sea silk (pour les protéines et la douceur)
-1% extrait d'encens (puissant anti-inflammatoire) 
-0,1% acide hyaluronique (hydratant puissant, repulpant)

SILICONE-LIKE & Touche douceur
-2,5% chitosan succinamide (silicone végétal)
-3% fucogel (silicone-like, touche douceur)
-2% simulgel (stabilisant synthétique, toucher velouté)

POUDRES & PIGMENTS
-5,5% oxyde de zinc* (filtre solaire, le seul dont je disposais)
-1,5% talc cosmétique
-1% argile blanche
-0,3% pigments colorés, dont
*poudre de chataignier
*oxyde jaune
*mica beige
*mica corail
*mica or
*mica blanc

PARFUM 0,5% dont
*absolue de rose (Bilby & Co)
*HE rose de damas (centifolia)
*HE hélychrise italienne (Lavandes et Cie)
*HE géranium rosat (Fraisse & Quattrone)
*HE Ylang Ylang (en direct de Mayotte)
*absolue de benjoin (AZ)

CONSERVATEUR
0,5% Cosgard

J'ai travaillé en one pot, grâce à l'Olivem, en mettant ensemble au bain marie la phase EAU (en en réservant 5-10%) sans la décoction de prêle, les huiles sauf les plus fragiles et les cires. J'ai laissé fondre et attendu que la température atteigne 75°. J'ai ensuite mélangé énergiquement à la cuillère magique, d'abord à chaud, puis à température ambiante jusqu'à obtention d'une émulsion assez dense.
J'ai alors rajouté à tiède les huiles de rose musquée et d'argousier.

Pendant ce temps, j'ai mélangé d'abord les poudres blanches, puis j'ai introduit les pigments et bien mélangé pour obtenir une couleur homogène. J'ai dosé très faiblement les pigments car je tenais à l'effet "invisible", mais je pense qu'on peut sans problème pousser jusqu'à 0,5%. J'ai ensuite dilué les poudres avec la décoction de prêle et, une fois obtenue une pâte fluide j'ai incorporé à l'émulsion, en prenant tout le temps nécessaire pour bien amalgamer les pigments et poudres. 

J'ai rajouté un peu d'HA pour alléger, puis j'ai commencé à incorporer les actifs un à un. Puis les silicone-like en terminant par le simulgel.

En dernier lieu j'ai rajouté le conservateur et pour finir le parfum que j'ai voulu féminin, sur le thème de la rose à l'image de la formule qui fait la part belle à cette fleur.

J'ai obtenu une texture légère, bien brillante qui pourrait parfaitement être conditionnée en tubes, mais n'en n'ayant pas de très jolis sous la main, j'ai finalement opté pour un pot, plus chic dans la salle de bains.

BB cream 
* J'ai réalisé en échantillon, une version contenant 10% d'oxyde de zinc, pour comparer les effets sur la peau.

Et comme je ne suis pas seulement une tambouilleuse maison complètement fo-folle, j'ai attendu d'avoir testé moi-même the BB Cream sur plusieurs jours consécutifs, avant de vous livrer mes conclusions. 

Alors, voici le verdict de Lolitarose journaliste fashion & cosméto-cobaye

En dehors des effets cosmétiques, je me suis donc assurée sur moi-même que la crème ne provoquait pas de rougeurs (ce serait un comble pour une anti-blemish cream !), qu'elle ne soit pas trop étouffante et donc créatrice d'acné  ou encore comédogène.

Et bien NON ! dans la version light (à 5% d'oxyde de zinc), aucune réaction négative.  La version à 10% d'OZ est en revanche un peu trop lourde pour ma peau mixte, du moins appliquée sur tout le visage, elle convient en revanche très bien sur des zones ciblées comme atténuatrice de pores dilatés.

Passons maintenant à l'évaluation cosmétique stricto sensu. Opération un peu délicate, puisque je n'ai testé aucune BB cream du commerce. Je donne donc mon avis en fonction des attentes que j'avais (immenses, bien sûr !) aussi bien en lisant les mille vertus vantées par les slogans publicitaires des crèmes du commerce (mais aussi les critiques des consommatrices) et en comparaison avec des crèmes de jour maison.

Bien que sa conception et sa création aient eu lieu à Rome, ville où tous les miracles sont possibles, je ne dirais pas que c'est un soin miracle qui transforme ma peau sitôt appliquée. En fait, sur le coup, lorsque je me suis regardée dans le miroir, j'ai même été plutôt déçue car je n'ai rien vu. En même temps, en visant un résultat nude... J'ai donc recommencé en ne "maquillant" qu'une moitié du visage et en laissant l'autre moitié totalement nue. Et là j'ai compris ! ça ne cache rien et pourtant on voit la différence à l'oeil nu ! Attention, effet discret quand même. Mais procédons par ordre.


Tout d'abord, c'est tout sauf une crème camoufflage (les BB du commerce non plus d'ailleurs), donc pour les imperfections visibles (boutons mais également  rougeurs ou marques très visibles), mieux vaut opter pour un fond de teint couvrant, ce qu'elle n'est ni par la couleur (nude, je vous répète !), ni par l'opacité (translucide ?).  En revanche, le teint est éclairci et harmonisé, avec un côté légèrement plus lumineux (oxyde blanc et micas légers). 
Pour moi qui suis toujours en quête d'une texture invisible,  c'est plutôt pas mal. 

On reproche aux BB du commerce de ne pas être assez hydratantes, voire pour certaines d'être carrément désséchantes : ici, ça n'est pas le cas, les actifs hydratants incorporés jouent parfaitement leur rôle et il est inutile d'appliquer sa crème de jour (du moins pour moi). La peau reste d'ailleurs hydratée jusqu'au soir, ce qui est un bon point.

poudre lumière 'So nude'
Côté effet "baby skin", je dirais PEUT MIEUX FAIRE. La peau est certes douce et légèrement satinée, mais pas plus qu'avec certaines crèmes de jour et l'effet velouté-poudré que je recherchais est trop léger à mon goût.  Comme j'avais toujours mes stillettos aux pieds et que j'étais partie pour passer ma journée in the kitchen, j'ai créé une poudre compacte à appliquer sur la BB cream pour sophistiquer légèrement le rendu final.

J'ai testé la BB crème après un masque purifiant à l'argile laissé un peu sécher pour que la peau soit un peu rosie et tiraillée, fait un savonnage aussi, pour tester l'effet apaisant, anti-irritant. Ici aussi, un bon point. Si la BB est trop translucide pour cacher totalement la rougeur du visage, celle-ci est sensiblement atténuée après application et surtout, en quelques secondes, la peau ne tire plus. C'est un soin confortable et très apaisant. 

Un verdict positif bien que mitigé vu que mes attentes étaient très grandes : incontestablement un bon soin, à l'effet naturel très nude comme j'aime mais auquel il manque un peu le côté lissant et satinant que j'espérais y trouver. Mais si je lis les commentaires de nombreuses utilisatrices sur les BB coréennes ou françaises que l'on trouve en parfumerie, je n'ai pas l'impression d'avoir démérité tant que ça.

D'ailleurs, je mets chaque jour ma BB cream home made et sur un plan dermato, ma peau semble l'apprécier.

Qui d'autre a testé ?


Bons baisers d'une incorrigible arriérée !

vendredi 9 décembre 2011

Silk Cream HYDRALIANCE : soin visage et corps hydratation longue durée

Silk Cream Hydraliance

Un soin dont la vocation ultime est l’hydration intense et longue durée. MAIS... car il y a un mais, sans déroger à ma sempiternelle exigence de légèreté, non moins intense.  Ce sont donc les actifs introduits en phase 3 qui font le plus gros du travail d’hydratation.
Il me fallait renouveler à la fois ma crème visage et celle pour le corps, mais comme  je n’avais aucune envie de faire deux crèmes (comme disait Ferdinand Sardou dans une célèbre chanson : "c'est pas qu'on soit fainéant par ici, mais il fait si chaud dans notre Midi...), je me suis contentée d’enrichir la base dédiée au soin du visage d’un beurre de jojoba maison. Méthode simple et efficace de créer ainsi une ligne de soins.
Sans plus de détour  je vous livre donc la (les) formule(s).

Phase grasse 26%
Dont 15% Huiles et beurres
-3% HV macadamia
-2,5% HV inca inchi
-2,5% macérat de lys sur coco frac et tournesol
-2% macérat de citron sur olive
-2% HV d’écume des près
-2% beurre de cupuaçu
-1% isopropyl palmitate
Dont 11% de cires
-6% olive douceur
-2% SoS douceur (maison)
-2% cétyl palmitate
-0,5% cétéaryl glucoside (pour l’effet émollient longue durée)
-0,5% @pimulse
2. Phase eau 63,3%
Dont phase liquide
-30% HA de carotte
-3% glycérine (un excellent humectant)
Dont phase gel
-30% HA de jasmin
-0,3% gomme xanthane
3. Principes actifs
-3% fucogel (pour le toucher silicone-like et le pouvoir hydratant)
-2,5% complexe hydratant (sodium PCA, acide lactique, sodium lactate, urée, collagen amino acids)
-1,5% provitamine B5
-1% sea silk
-1% EHG de grenade
-1% CO2 d’amaranthe
Pour la crème visage, j’ai rajouté une lentille de gelée royale fraîche. Pour le corps, 5gr (pour 100gr de crème) de beurre de jojoba réalisé avec 60% d’huile de jojoba et 40% d’alcool cétéarylique.
4. conservateur (0,5%) et parfum (0,5%)
En parfum, j'ai choisi le mélange d'HE qui compose mon parfum Eau Première : un oriental poudré et fleuri où la rose, le jasmin et l'encens se disputent la première place.
la cuillère magique de MLK
Un mode opératoire classique où le gel de xanthane est introduit en fin de réalisation de l’émulsion, juste avant la phase 3. Je trouve qu’on obtient ainsi un meilleur glissant, bien que cela ait tendance à accentuer l’effet trace blanche. Sans doute en raison de la moindre émulgation de la gelée. Cela étant, si comme moi vous pratiquez l’art du multi-couches, l’effet trace disparaît presque totalement lorsque le soin est appliqué sur un sérum.

La crème est légère, presque fluide et  pourrait très bien être conditionnée en flacon pompe (du moins pour la version visage). L’ajout d’une petite proportion d’alcool cétéarylique (1 à 1,5%) permettrait de rajouter du corps si on souhaite une crème plus dense. On voit d’ailleurs bien la différence avec la version corps qui est plus compacte. 
A l’application sur le visage, l’effet hydratant est immédiatement perceptible malgré l’extrême légèreté de l’émulsion. Et cet effet perdure toute la journée grâce à son action filmogène. Elle est parfaite également en contour de l’oeil, pour un effet hydratant plus intense que la version que j’avais présentée ici.

Hydraliance version visage
J’ai composé un éventail des gras en tenant compte des caractéristiques « physiques » des huiles autant que de leurs propriétés dermatologiques, cela afin d’améliorer la texture finale de l’émulsion et sa compatibilité avec la peau. Je me suis en partie aidée pour cela de l’excellent guide des huiles végétales élaboré par Aromantic (thank you Venezia).
Un éventail de gras donc, où se côtoient aussi bien les huiles très fines (telles IPP ou coco fractionné), des huiles plus épaisses (olive, meadowfoam) et enfin un beurre (le cupuaçu).
Côté complexe émulsifiant, j’ai mis le focus sur l’aspect très émollient, avec en particulier l’olive douceur et le cétéaryl glucoside. L’@pimulse est là pour tempérer le côté un peu « riche » de l’olive douceur et améliorer la glissabilité et la bonne absorption de l’émulsion.
Dans les actifs, j’ai évidemment fait la part belle aux hydratants. Pas d’ingrédient révolutionnaire, juste des valeurs sûres comme le D Panthenol ou le complexe hydratant, toujours très efficaces. Et le fucogel et le seasilk ont apporté leur toucher douceur supplémentaire, en plus de fournir à la peau une aide précieuse dans le maintient de son hydratation.
Une petite crème sans prétention mais qui remplit parfaitement ses objectifs. Evidemment, le temps que je prenne le temps de rédiger et de poster la recette et mes petits pots sont déjà vides. 
Body Silk Hydraliance
Ah ! le temps, le temps, toujours ce maudit temps après lequel on court tant!
GRRR ! j’enrage ! mais heureusement que le Père Noël a déjà déposé ses premiers cadeaux dans mes petits chaussons, et devinez ce que j’y ai trouvé ? 
-Un disque de Tino Rossi ?
-Meuh nôôn ! Une super crème à la ciste ! 
Vive le vent ! Vive le vent ! Vive le vent d’hiver !
Heu.... à Rome, c’est plutôt « ô sole mio !!! » mais c’est pas très de saison, hein ?

Votre parisiano-romano Lolitarose,
 qui vous salue bien bas !



samedi 3 décembre 2011

Soap on the rocks : savon à l'alcool

Soap on the rocks


Pétronille : "Eh ben ! ma Loli, où t'étais passée ? ça fait un bail qu'on t'a pas vue ?"

Lolitarose : "Vouiii, je sais, mais là tu vois, c'était pleine saison des olives ; alors je suis descendue côté sud et j'ai fait ma récolte."

Pétronille : "Naan ! t'as été ramassé des olives ? trop cool, on va pouvoir se faire de supers apéros olives et martini on the rocks. J'adôôre !"

Lolitarose : " Mais non, ma Pétronille, les olives c'est pas pour l'apéro. Je les ai portées au moulin pour les presser et faire mon huile d'olive.  750 kg d'olives que j'ai ramassé et le moulin m'a rendu 100 kg  d'huile ; ça va en faire des savons, hein ma Pétronille ?"

Pétronille : "Ah, ben vouiii !  mais heu... qu'est-ce qu'on va faire avec 100 kg de savon ? on va passer la journée à faire des bulles dans la salle de bains. Dis, Loli, tu crois qu'on peut les vendre les savons ?  ça pourrait aider à renflouer les banques ? "

Lolitarose : " Oh la la ! t'en as de chouettes idées Pétronille ! Je vais vite envoyer un e-mail aux copines parce que si on s'y met toutes, pffft, adieu la crise !"

la récolte

Alors, oui j'avais donc disparu pour la bonne cause, puisque Novembre est le mois de la récolte et je suis donc descendue dans ma belle vallée d'Itria pour faire mon huile d'olive. Avec l'aide de Zhom chéri, nous avons réussi à faire 3 récoltes de 250 kg chacune (poids minimum pour pouvoir faire son huile à la presse traditionnelle à froid). 

Trois récoltes différentes qui chacune a  donné une  huile à la saveur particulière de la plus douce à la plus verte à l'arrière goût légèrement amer. Des huiles du Sud. Des huiles de caractères. 

Laissées à décanter dans des bidons d'inox, elles seront parfaites dès Noël. Et alors, à moi les bons petits plats (de pâtes) et bien sûr la tambouille et la savonnerie à outrance ! Bon, j'avoue que je n'ai pas pu résister et que j'ai quand même réalisé un premier savon avec la nouvelle huile (encore en cure, mais je vous le présente très bientôt).

roses abandonnées

Entre deux séances de cueillette d'olives, je ne me suis pas reposée et j'ai profité du temps absolument printanier pour cueillir roses, lavandes (si, si les lavandes étaient à nouveau en fleur !), cyclamens de Naples et calendula et réaliser macérats et hydrolats (je vous en reparle bientôt). Et histoire de ne pas m'endormir, j'ai également relancé la "machine à savon". Bref, la maison s'est transformée en officine aromacosméto et ça sentait la rose et la lavande à plein nez !

Avant mon départ pour le Sud, j'avais suivi les expérimentations savonnesques de Venezia et Colchique qui toutes deux s'initiaient aux savons transparents, l'une avec ajout d'alcool et l'autre de glycérine, avec des résultats vraiment intéressants. J'ai immédiatement eu envie de leur emboîter le pas et de tenter à mon tour un savon à l'alcool. 

Je suis plutôt partie de l'architecture de Venezia, c'est à dire d'une recette de savon, disons traditionnelle, à laquelle j'ai rajouté de l'alcool à la trace en petite quantité. Je pense que l'effet légèrement translucide ou plutôt "perlescent" qu'on obtient est d'avantage dû à la phase de gel, accentuée par l'alcool, qu'à une véritable réaction dûe à l'ajout d'alcool.  Il en faudrait de plus grosses quantités je pense.

Pour revenir à ma propre expérience, donc, je souhaitais faire un savon spécial peaux très sensibles utilisable sur le visage au quotidien en complément d'un démaquillage à l'huile. J'ai donc construit une formule de savon surgras (très surgras même) avec une mousse à la fois crémeuse, bulleuse et ultra douce (je parle de douceur au toucher). Saison des olives oblige, j'ai tout de même fait la part belle à l'huile d'olive qui compte pour un peu plus de 65% de la formule, que je vous livre sans plus tarder.

650 gr HV olive
250 gr HV coco indien
100 gr HV son de riz
80 gr HV ricin

Surgras  de 20% calculé avec le calculateur espagnol mendrulandia que je trouve particulièrement pratique.

Eau : j'ai pris la valeur moyenne dont j'ai soustrait la quantité d'alcool, soit au final 250 ml

Vodka ajoutée à la trace 75 ml, valeur que j'ai choisi un peu "à la louche".

Comme je souhaitais un savon de couleur, j'ai réalisé un macérat très corsé à partir de poudre de racine de rhubarbe, de racines de garance et d'écorces de grenade. J'ai dans un premier temps obtenu une pâte à savon d'un superbe rouge sombre. Mais la forte phase de gel a évidemment modifié la couleur et c'est finalement un savon d'un brun profond, avec des reflets presque lie de vin que j'ai obtenu.
la pâte juste versée

Une formule minimaliste donc mais qui, après maintes expériences, s'avère ma préférée en termes de qualité de mousse obtenue pour un savon réalisé sans huile de palme. Et je trouve même qu'il est plus "doux" et crémeux que tous les savons où j'avais respecté la règle d'or coco-palme plus autres huiles. 

Evidemment comme j'ai largement "chargé la mûle" côté surgras, c'est un savon qui est resté très mou longtemps et qui même maintenant, 3 semaines après sa réalisation a conservé une texture non dure. Je doute d'ailleurs qu'il durcisse véritablement.   

Côté "mode opératoire", j'ai utilisé une méthode que je baptiserais volontiers "chaud-froid", car comme pour les savons 100% coco, j'ai versé la lessive de soude sitôt diluée (donc chaude) directement dans les huiles qui sont elles à température ambiante, autour de 19-20°. J'ai mélangé longuement au fouet à main, puis au dernier moment, hop ! un petit coup de mixer (quelques secondes) pour obtenir une trace légère. J'avais filtré le macérat pour réaliser le savon avec une huile fluide, mais j'ai rajouté le fond d'huile avec les poudres colorées à la trace très légère. Après quoi, j'ai versé la vodka, redonné un coup de fouet puis de mixer. J'ai cru un instant que cela allait déphaser, mais non.

Après quoi, j'ai versé dans un moule rectangulaire en plastique tapissé de papier sulfurisé pour faciliter le démoulage, sur une couche de 5 cm environ. J'ai recouvert d'abord d'un film plastique, puis enfermé le tout dans un sac en plastique et emmitouflé tout ça dans deux grosses serviettes éponge. Et j'ai laissé dormir sur un fauteuil au coin du feu pendant 48 heures. 

J'ai résisté à la tentation d'aller voir. Mais lorsque je suis aller toucher le "paquet" quelques heures plus tard c'était chaud bouillant. J'en déduis que le savon a connu une méga phase de gel.

chaud, le savon !

Au bout de 2 jours donc, grand déballage, mais il était encore trop tôt pour démouler. Le savon avait foncé, mais surtout il semblait avoir beaucoup transpiré. Lorsqu'enfin j'ai démoulé et touché le savon, j'ai eu l'impression d'être en présence d'une pâte de fruit : même texture molle et gélatineuse, même couleur... Il était recouvert d'une fine couche huileuse.

L'odeur était quant à elle peu affriolante. En fait, le savon, que je n'avais pas parfumé, puait carrément. Une odeur étrange que je ne saurais pas définir, mais assez tenace. Cela fait maintenant 3 semaines que le savon est fait et l'odeur commence enfin à s'évanouir. J'ai refait un savon à la vodka par la suite, mais qui a moins "chauffé" que celui-ci et du coup l'odeur, présente également au début, s'estompe déjà au bout d'une semaine. Il faut peut-être que j'essaie avec un autre alcool.

Le résultat est assez surprenant car, sans être véritablement transparent, le savon a vraiment une consistance et une apparence de pâte de fruit gélatineuse. Si j'avais moins dosé la couleur, j'aurais peut-être eu quelquechose de plus translucide. J'ai fait une nouvelle expérience, mais avec une autre formule (je n'avais plus d'huile de coco ni d'huile de ricin sous la main) et un autre moule qui n'a pas autant favorisé la montée de chaleur et donc la phase de gel. Et du coup, le résultat est moins intéressant. 

Après une petite chirurgie esthétique et un petit marquage au tampon, j'ai parfumé mes savonnettes en les badigeonnant d'HE au moyen d'un chiffon. Cela semble tenir. 

Je les trouve très rock et il me tarde de réessayer avec d'autres couleurs plus légères et peut-être un court séjour au four tiède.

Sur les mains, ils semblent très doux et pas caustiques, mais je vais quand même attendre deux semaines de plus avant de les tester sur le visage.

Soap very rock !



Et là, je cours me servir un petit apéro on the rocks, parce qu'à Rome c'est une habitude SACREE à laquelle on ne déroge pas. Alors, à la vôtre !