samedi 24 septembre 2011

Saponissimo ! savon tout olive cuit au chaudron

Savon très roots mais dolcissimo


C'est en lisant les expériences de savon cuit au four chez Venezia qu'à mon tour j'ai été prise d'une envie irrépressible de me lancer dans la savonnerie à chaud.

Etant très mal équipée cet été à la campagne (pas de four, pas de balance de précision,  et un choix de gras limité), je m'étais promis d'essayer à mon retour à Rome. Las, le démon de la savonnerie ne m'a pas laissée en paix !

la boîte à savons
Et pourtant, j'avais promis de ne plus re-savonner jusqu'à épuisement de mes stocks de savon ! Autant dire jusqu'à une date fort éloignée...

Comme les promesses n'engagent que ceux qui les croient, j'ai fini par me convaincre que je pouvais bien m'octroyer un tout petit plaisir en faisant un seul et tout petit savon. 

OK, Loli, tope là ! je t'autorise un seul savon !

C'est donc contrainte et forcée (si, si je vous assure que c'est vrai !), que je me suis jetée à corps perdu dans la réalisation de mon premier savon à chaud.

L'entreprise ne s'est pas faite sans mal car en plus d'être peu et mal équipée, il est certain que je m'y suis prise comme un manche.  

Mais revenons d'abord  à notre petit savon.

Etant en plein dans mon trip "SIMPLE ET NATURE", je me dis que c'était l'occasion rêvée de m'essayer enfin à la réalisation d'un tout olive, qu'on appelle aussi Castille. Jusqu'ici je m'étais limitée à un 90% olive que j'avais complété avec une cire florale pour obtenir plus de dureté. Cette fois-ci j'ai opté pour un 100% olive et j'ai choisi pour ce faire une huile bien verte, espérant qu'elle donnerait ainsi une légère coloration au savon.

Et tant qu'à faire un savon tout olive, déjà réputé pour être peu détergent et très doux pour la peau, j'ai choisi de faire un savon très surgraissé afin de pouvoir l'utiliser pour la toilette du visage.

Puisque j'avais droit à un seul savon, je suis partie de 200 gr d'huile d'olive. Un surgraissage à 20% et une quantité d'eau moyenne.

Pour la méthode, vu qu'il n'y avait aucun gras dur à fondre, j'ai réalisé le mélange lessive de soude-huile immédiatement après avoir dissout la soude dans l'eau, sans m'occuper de température. J'ai mélangé au fouet à main jusqu'à obtention de la trace qui a mis environ 20 minutes. 

Une fois obtenue la trace, j'ai laissé épaissir le mélange comme une pâte à gateau.

Mon four ayant rendu l'âme, j'ai décidé de cuire mon savon au bain-marie à feu doux. Mais, au lieu d'utiliser mon bain marie habituel, qui aurait été parfait pour un savon, j'ai eu l'idée totalement incongrue d'utiliser un cuit vapeur en tolle émaillée. 
J'ai donc posé mon bol de pyrex avec la pâte à savon sur le panier supérieur, refermé le couvercle et mis à cuire à feu doux.

Au bout de 15 minutes, je suis allée soulever le couvercle (curieuse la Loli) et là "Oh! Oh!" ça avait commencé à déphaser. Un petit tour de touillage à la cuiller magique et tout semblait rétabli. J'ai donc laissé à nouveau sur le feu à couvert.

Au bout de 10 nouvelles minutes, je retourne mettre mon nez dans la marmitte et là
"Aë ! Aïe ! Aïe !" une mousse abondante s'était formée et s'apprêtait à s'enfuir du chaudron !

"Ben oui, ma pôv' Loli ! t'es pas ben maligne quand même ! tu mets de l'eau à chauffer, elle se transforme en vapeur ; elle traverse les trou-trou du panier cuit-vapeur ; elle atteint le couvercle, dont la température est plus froide. Et ça fait quoi, à ton avis la vapeur en contact avec du frais ?"

"Heu... ça donne des gouttes d'eau, non ?"

"Voilà, exactement ! ça donne de l'eau qui retombe en gouttelettes. Et à ton avis, elles tombent où tes gouttes d'eau ? Direct dans ta pâte à savon !"

"Oh, la la ! la cata !"

Vous voyez le désastre, hein ! une pâte à savon totalement déphasée et en train de faire des bulles.... Autant tout jeter aux orties, car j'avais peu de chances d'obtenir un savon.  Mais, en ces temps de crise, ça me faisait peine de jeter toute cette belle huile d'olive. C'est quand même dommage de gâcher, hein ?

C'est là qu'une idée m'a traversé l'esprit. J'ai re-touillé ma pâte puis décidé de la transvaser dans du film alimentaire, de l'y enfermer comme dans une papillote et de mettre le tout dans une jatte de terre, puis de laisser dormir la papillote toute une nuit, emmitouflée dans une couverture pour qu'elle reste bien au chaud.  

papillote de savon

Le résultat obtenu est assez déroutant : un peu grumeleux et encore très mou. J'ai donc remis le tout sous les couvertures et laissé reposer encore 48h00 avant de "démouler".

L'aspect est toujours peu orthodoxe, mais ça s'est raffermi et ça sent divinement bon le savon. Une vraie odeur de savon, douce et agréable. C'est ce qui m'a convaincue que la saponification avait bien eu lieu et que j'étais bien en présence d'un savon malgré les apparences.

J'ai donc retiré complètement le film alimentaire. Par précaution, j'ai utilisé de fins gants de caoutchouc ; après tout la cuisson n'a pas duré plus d'une demi-heure. Puis j'ai façonné cette grosse savonnette à la main pour lui donner une forme de savon. 

Malgré une jolie couleur d'un vert très doux, l'aspect est resté grumeleux : ça fait vraiment savon "roulé à la main sous les aisselles", comme dirait un célèbre personnage.

A peine déballé
J'ai encore laissé reposer pendant une semaine, puis pour j'ai décoré mon savon avec un outil à dents. Et voici le résultat !

Bien sûr je l'ai testé et je l'ai même déjà utilisé comme co-émulsifiant dans une petite crème dont je vous reparle bientôt.

Au bout de 3 semaines, il est encore mou et tendre au coeur (ça fait un peu fromage !) mais il est d'une douceur incroyable pour la peau, un vrai soin à lui tout seul ; pas étonnant avec un tel degré de surgraissage.  

Bien sûr, il mousse peu, mais il dégage un délicat parfum de "propre" et il a conservé sa jolie couleur vert pâle.

saponissimo e dolcissimo !

J'envisage de réessayer un savon cuit totalement en papillotte à la vapeur et encore un autre cuit au four. Bien sûr, sur un plan esthétique c'est loin d'égaler les savons à froid, mais sur la peau, on ne sent vraiment pas la différence et finalement j'aime bien ce côté un peu "sauvage".

mercredi 21 septembre 2011

Cold-cream, la petite crème glam et chic

Cold cream "glam et chic"


Après une petite interruption bloguesque dans l'attente d'être enfin reconnectée à la Toile, je poursuis mes expériences "simplement nature" et je vous livre une nouvelle version de la cold cream. Je sais, vous allez dire "encore !", mais que voulez-vous, je suis devenue addict ! ça se soigne docteur ?

Durant l'été j'avais réalisé une petite crème fraîche et légère, inspirée de la recette traditionnelle de la cold-cream mais dans laquelle j'avais introduit, en accompagnement de la cire d'abeille, un émulsifiant traditionnel, le cétéaryl glucoside, ce qui m'avait permis d'obtenir une émulsion très fine et légère parfaitement adaptée aux peaux mixtes.

Même si à Rome, l'été est encore loin d'être fini - il fait toujours 30° dans la journée - ma peau gorgée de soleil apprécie de se désaltérer avec une crème un peu plus riche. Surtout les jambes qui ont vite fait de se transformer en sac en croco !
Je suis donc repartie sur l'idée de la cold-cream, en ré-augmentant cette fois la proportion de gras de manière importante. J'ai gardé l'idée de coupler la cire d'abeille à un co-émulsifiant et, parceque j'aime la rondeur et le moelleux qu'il apporte aux émulsions, j'ai opté ici pour le glycéryl stéarate.

Pour le reste de la formule, je suis restée ultra sobre, à la fois par choix et par obligation (pas grand chose d'autre sous la main, déménagement oblige), mais comme ce sont de vrais ingrédients chouchous, je ne vais pas m'en plaindre. 

Je vous livre donc la formule simplissime


Huiles

-100 HV olive 
-15 cire d'abeille couleur miel
-10 alcool cétéarylique
-5 glycéryl stearate

Eau
-100 eau de source bouillante
-10 savon

Phase 3
- 2CC beurre de nilotica
-HE d'Ylang-Ylang de Mayotte

Le pazapa est identique à celui de la crème fraîche au sucre, c'est-à-dire que ma balance de précision n'ayant toujours pas réapparu, les proportions sont calculées en volume grâce à mon verre doseur. Et on fait plusieurs aller-retours au frigo et entre deux on "touille" au pilon, comme pour la cold-cream traditionnelle. Je trouve que ce procédé permet de stabiliser plus vite l'émulsion, de la rendre plus fine et surtout de pouvoir se rendre compte assez rapidement de la texture finale (pas besoin d'attendre 24h ou plus que l'émulsion continue d'épaissir ou de s'arrondir).

panna cotta
Le résultat est une crème fraîche épaisse à la belle couleur "panna cotta" ; à la texture épaisse  mais avec une grande finesse à l'application (merci à l'association glycéryl stéarate-cire d'abeille); celles qui aiment les textures bien fermes façon "petite boîte bleue centenaire" pourront augmenter  encore la proportion d'alcool cétéarylique.

Sur la peau on retrouve le côté riche et filmogène de la cold-cream, mais le film gras et brillant est très vite absorbé par la peau. Aucune trace blanche là non plus. 

En conclusion, après ces deux expériences, l'ajout d'un émulsifiant à la formule traditionnelle de la cold-cream permet de fortement diminuer le pourcentage de gras ou la sensation de gras et donc d'obtenir une émulsion plus adaptée aux soins cosmétiques et en particulier ceux du visage.

Il faudrait tester si les peaux ultra sensibles réagissant habituellement aux émulsifiants et ne tolérant que les cold-cream supportent ce type de formule qui permet de conjuguer finesse des textures et inocuité pour les peaux intolérantes. Si certaines se lancent, je suis preneuse des réactions.

Bref, vous l'aurez compris, j'emporte partout ces cold-creams que j'utilise pour les mains, le corps, les pieds et en masque réhydratant accompagné d'un long massage, sur le visage avant d'aller me jeter dans les bras de Morphée. Peau douce et repulpée assurée !

Allez, je vous le dit : la cold cream c'est l'accessoire glam et chic de la rentrée. Foi de Lolitarose !