samedi 20 août 2011

Crème fraîche au sucre pour peaux gourmandes


A l'instar de Marcel Proust, toujours à la recherche du temps perdu, je poursuis ma quête de simplicité cosmétique. Et après avoir revisité la formule du baume (promis les proportions vous seront données début septembre), j'ai choisi de réinterpréter un autre classique de la cosmétique naturelle à la portée de tous : la célèbre cold-cream.

J'avais déjà expérimenté une nouvelle formule de cold cream  ici (cérat panacea). Je constate d'ailleurs que c'est toujours dans mon refuge des Pouilles que naissent mes désirs de retour aux choses simples.

J'ai créé deux formules basées sur la recette de base du cold-cream, que je remets ci-dessous pour information, l'une destinée aux peaux normales et mixtes et au visage (si, si j'ai bien dit une cold-cream pour le visage) et l'autre qui ravira les peaux assoiffées et mâtures, réalisée à la demande de Lina et que je vous présenterai très prochainement.

J'ai élaboré la première, que j'ai rebaptisée "crème fraîche", pour moi et donc en me basant sur les caractéristiques de ma peau : mixte sur le visage et normale avec quelques zones plus sèches pour le corps.

Recette du cold-cream d'après la monographie de la pharmacopée européenne

-16 épaississant (cétyl palmitate ou alcool cétylique)
-8 cire d'abeille
-55 HV d'amandes
-16,50 eau de rose
-4 teinture de benjoin
-0,5 borax

Cette petite crème sans prétention, mais ô combien agréable et efficace, est un modèle de crème pour débutante en cosmétique naturelle. D'une certaine manière, je suis revenue plusieurs années en arrière lorsque je disposais d'un matériel limité et de très peu d'ingrédients. A une différence près quand même, l'expérience qui me permet avec ce même "peu" qu'à mes débuts de réussir un vrai soin cosmétique dont la texture n'a rien à envier aux crèmes du commerce ou à des formulations maison plus "expertes".

Côté matériel, comme pour la réalisation du baume fluide, deux bols en pyrex, un mini verre doseur gradué en mls de 5 à 20 ml maxi, une casserole et une cuillère magique suffisent amplement.  Toujours pas de balance, ni même de thermomètre.

Côté ingrédients, un émulsifiant (parmi les quelques ingrédients réchappés des cartons), celui de mes débuts d'ailleurs, un épaississant (un autre rescapé !), la cire d'abeille, l'huile d'olive (l'huile d'argan a fini dans le baume fluide), du beurre nilotica (qui fond comme un gelato au soleil des Pouilles), du savon maison râpé finement  (ça j'en ai à revendre !)et de l'eau de source, illimitée.

L'idée de départ était de faire simple (oui, oui je sais je radote !), surtout en l'absence de balance, et de me rapprocher le plus possible de la formule du cold-cream. Sauf que dans le cold-cream, on a une proportion d'environ 70% gras / 30% eau (cela dépend des formules, pour ma part j'ai réussi à repousser les limites jusqu'à 50-50) ce qui en fait un soin beaucoup trop riche pour ma peau, en particulier par temps chaud.

D'où l'idée d'introduire un émulsifiant "classique" afin de pouvoir modifier voire inverser les proportions sans risque de déphasage. Le terme de proportions est d'ailleurs un peu galvaudé, dans la mesure où les mesures justement ont été faites, comme pour le baume fluide, au moyen d'un verre doseur et passablement "à la louche".  Il est clair qu'il me faudra, une fois retrouvée ma balance, peser chaque volume de tel ou tel ingrédient, pour le traduire en poids puis en pourcentages. 

L'émulsifiant utilisé ici est un ester de sucre, le cétéaryl glucoside, connu également sous le nom de végétal (Bilby ou Aromantic) ou CG90. L'INCI du mien est exclusivement cétéaryl glucoside, sans ajout de cétéaryl alcohol comme on le trouve chez certains fabricants.

La très grande qualité des esters de sucre, et en particulier du CG, est leur grande compatibilité avec la peau, en particulier les peaux les plus sensibles, à laquelle ils apportent douceur, émolience et même fraîcheur tout au long de la journée. Sans avoir un effet mâtifiant, les émulsions réalisées avec le CG sont très adaptées aux peaux mixtes. J'ai constaté à mes débuts de tambouilleuse maison où le CG était mon unique émulsifiant, que l'utilisation régulière et prolongée d'émulsions en contenant avaient un effet régulateur sur la production de sébum, les déquamations ou même les petites poussées d'acné (non juvénile).

C'est donc toujours avec un grand bonheur que je reviens à mes premières amours. D'ailleurs, en parlant d'amour, vous ai-je dit à quel point j'étais en amour pour la cire d'abeille ? Voui, je crois que j'ai déjà dû vous le dire, mais là avec la chaleur qui ramollit mon pôvre cerveau je crois que je radôte de plus en plus !

 cire d'abeille
Pour résumer donc, comme le chantait la grandissime Joséphine : "J'ai deux amouurs !" la cire d'abeille et le cétéaryl glucoside. J'ai donc réalisé ma première version revisitée du cold-cream que j'ai rebaptisé "crème fraîche au sucre".

-Heu... Lolita, pourquoi au sucre ?
-Ben alors z'avez pas suivi mes explications ? le cétéaryl glucoside est un ester de SUCRE !!! Pfff !
Bon allez ! assez tourné autour du chaudron, je vous livre la formule, en ml et de manière très approximative sauf pour les liquides

Recette pour 100 ml  mesurés à la louche
Huiles

-20 HV olive (maison)
-5 cire d'abeille jaune en pastilles (Velan)
-3,75 alcool cétéarylique (Bilby)
-1,25 CG 90 (Copaïba)
-1 mini cc beurre nilotica (Zinette)

Eau

-65 eau de source très peu minéralisée
-5 savon râpé maison

Quelques gouttes d'huile essentielle d'Ylang-Ylang de Mayotte

L'introduction de savon dans la formule est liée à l'utilisation de cire d'abeille ( et non à une volonté d'ajouter du glissant comme dans les émulsions à l'olivem ) ; en effet dans les formules traditionnelles de cold-cream, la cire d'abeille est couplée au borax afin notamment d'aider à la stabilisation de l'émulsion, la cire d'abeille n'étant pas - je le répète - un émulsifiant. Ne souhaitant pas utiliser de borax, j'ai pris l'habitude de le remplacer par du savon, qui donne du coup de très belles cold-cream dans lesquelles il permet de "pousser" la proportion d'eau jusqu'à 50%. J'en avais déjà parlé ici (cérat panacea).  

La "fabrication" est aussi simple que la formule et ne nécessite pas d'utiliser un mixer, la cuillère magique suffit largement.

Pazapa

Avant de commencer, je rappelle les mesures d'hygiène toujours indispensables, mais rendues d'autant plus incontournables ici puisqu'aucun conservateur n'a été rajouté (perdu dans les cartons...). 
Plan de travail, ustensiles et mains ultra propres et passés à l'alcool. Stériliser tous les ustensiles pouvant l'être ( bols, béchers, pots, etc). 

1. Dissoudre le savon dans l'eau bouillante en mélangeant au bain-marie, puis réserver

2. Chauffer au bain-marie toute la phase huileuse dans un bol en pyrex à l'exception du nilotica ; quand tout est fondu, laisser encore quelques minutes sur le feu ( le CG a besoin d'être émulsionné à température élevée et sans thermomètre il vaut mieux laisser le temps de bien chauffer )

3. Incorporer le nilotica une fois le bol retiré du feu

4. Hors du feu, introduire en mince filet l'eau savonneuse en mélangeant à la cuillère magique sans discontinuer ; continuer de mélanger plusieurs minutes hors du feu puis remettre un peu au BM et mélanger à chaud jusqu'à quasi disparition de la mousse (on voit à la superficie de l'émulsion, à ce stade encore fluide, une mousse comme sur du lait qu'on fait chauffer)

5. Retirer du feu et mettre immédiatement dans un BM très froid tout en mélangeant encore ; changer l'eau plusieurs fois si nécessaire

6. Placer le bol au réfrigérateur une dizaine de minutes ; le ressortir et mélanger. Renouveler l'opération. On obtient une belle crème à la texture onctueuse

7.  Parfumer et verser dans un pot stérilisé à conserver au frigo. 

En l'absence de conservateur, il est recommandé de stocker l'émulsion dans des pots de petite contenance plutôt qu'un seul grand pot - moins d'ouvertures et autres manipulations répétées et donc de possibilités de contamination - d'utiliser une spatule désinfectée à l'alcool avant chaque utilisation et de conserver sa crème fraîche au frais si les températures sont un peu élevées. En plus votre peau vous remerciera, car ça rend le soin encore plus agréable à l'application.

le petit pot bleu
Pour ma part, j'ai opté pour un petit pot en verre bleu et couvercle en bakélite (j'ai racheté un petit lot sur une brocante), au design très sobre (je n'ose plus prononcer ni écrire les 6 lettres qui composent le mot S.I.M.P.L.E). J'aime bien ces pots en verre teinté - souvent bleu ou ambre - qui rappellent les préparations réalisées dans l'officine du pharmacien. En plus le verre a l'avantage de ne pas craindre les nettoyages intensifs et répétés et de très bien supporter l'alcool. Et puis dans une salle de bains, ça met une petite touche de raffinement... On est pas des sauvages tout de même !

Pour en revenir à ma crème fraîche, au final on obtient une émulsion très fine, couleur crème fraîche (ça tombe bien), glissant parfaitement sur la peau et vite absorbée sans laisser de trace blanche. Elle laisse en revanche un léger voile parfumé et velouté, comme c'est en général le cas avec les émulsions aux esters de sucre, sans effet gras.

Appétissante, n'est-ce pas ?
Et, cerise sur le gâteau, elle convient aussi bien au visage qu'au corps. Pas belle la vie ?

Et pour les pieds ou si on a la peau très sèche, il suffit de s'oindre d'abord d'une fine couche de baume fluide en massant bien ; puis de s'oindre à nouveau ( Hi ! Hi ! j'adore ce verbe totalement désuet ) avec la crème fraîche au sucre et le tour est joué : vous pouvez ressortir vos tongues et aller frimer à Saint-Trop avec vos jolis petons de jeune première. Bon, moi j'irai faire la belle sur la plage de Savellettri, j'y croiserai peut-être Franchette et le beau commissaire Gio ;)

Voilà donc encore un soin simple et minimaliste à l'italienne ! La version "riche" n'a d'ailleurs rien à lui envier.

Finalement, je vais peut-être jeter tous mes cartons de cosmétique sans même les ouvrir puisqu'on peut quasiment tout faire avec trois fois rien ! 

dimanche 14 août 2011

Baume fluide protecteur et réparateur

Riposo

Dans ma quête de simplicité et de minimalisme absolu, je vous livre ici une version simplissime et allégée du baume à tout faire. L'idée m'a été inspirée en lisant la recette de gel huileux au céralan sur le blog de Venezia. Le stock  des ingrédients à ma disposition, lui aussi des plus  minimaliste, m'a d'autant plus incitée à réfléchir à une formule très dépouillée.

Les baumes sont un régal pour les peaux desséchées mais je les trouve un peu gras à appliquer en soin cosmétique, même lorsque je recherche un effet réparateur.  J'en ai beaucoup réalisé à une époque, tant j'aime le concept et la facilité d'élaboration. Mais ma peau ne les apprécie malheureusement qu'à dose très homéopathique. Et ce surtout lorsque les températures sont caniculaires comme c'est le cas ici en ce moment. 

Je trouve  du coup les huiles végétales beaucoup mieux adaptées dans ce cas là, en particulier parce que mieux absorbées par la peau. Mais comme je suis un petit peu compliquée (j'essaie de m'améliorer, hein, mais c'est pas encotre gagné), il se trouve que là c'est moi - et non ma peau - qui ne raffole pas le côté fluide des huiles.

Et pourtant une solution simple et efficace est d'utiliser une excellente huile d'olive, à choisir de préférence d'une belle couleur dorée et la moins odorante possible, agrémentée de quelques gouttes d'huile(s) essentielle(s). Les huiles d'olive romaines, toscanes ou encore certaines huiles de la province de Brindisi dans les Pouilles se prêtent particulièrement à un usage cosmétique. On peut également choisir une huile de grade cosmétique qui aura été désodorisée. 

Quelque soit votre choix, optez pour du bio. Ne lésinez jamais sur la qualité de ce que vous mettez sur votre peau - comme dans votre assiette d'ailleurs. L'huile d'olive a en outre l'avantage de convenir aussi bien aux peaux sèches que grasses. Contrairement aux idées reçues, elle est très bien absorbée par la peau. Il suffit d'en mettre très peu sur ses doigts et de se masser longuement.

Avec le soleil, la mer, le vent... la peau est un peu plus malmenée pendant les vacances, je souhaitais donc un "onguent" qui soit à la fois protecteur et réparateur, tout ça en n'étant ni trop gras ni trop fluide. D'où l'idée d'une texture à l'aspect et à la tenue d'une gelée.  Mais tout ça sans adjonction d'eau, de gommes ou autres gels d'aloé. 

Une formule et une élaboration aussi simples que possible, voici pour le cahier de devoirs de ces vacances.

Et bien mission a été accomplie avec l'aide de quelques ingrédients bien choisis :huile d'olive (home-made bien sûr), huile d'argan (un fond de bouteille de chez Terre d'Oc), beurre de nilotica (un fond de pot de chez Zinette) et cire d'abeille jaune en pastilles (de chez Velan). A ma disposition encore, une cuillère magique offerte par MLK, un bol en pirex et un petit verre doseur indiquant juste des ml. La balance de précision s'est perdue quelque part entre Paris et Rome.

La cire d'abeille, merveilleusement odorante, me convainc que l'ajout d'HE n'est pas indispensable.

Pour les multiples vertus de la cire d'abeille, je vous renvoie sur mon précédent article ici.

Le résultat ?

Une huile-crème à la texture quasi gélifiée, d'une jolie couleur jaune-or qui glisse sur la peau, la protège et la répare tout en lui donnant un aspect satiné. Pas d'effet "graillon" ni d'odeur de friture !

Les cheveux secs et/ou crêpus devraient également l'apprécier.

Et celles qui connaissent mes goûts en matière de texture cosmétique vont sans doute bondir à la lecture de ce qui suit, mais j'ai été à ce point emballée par ce baume fluide que je n'ai pas résisté à la tentation de le tester sur le visage. Et non seulement je l'ai testé mais je l'ai adopté. Si, si vous avez bien lu : j'applique sur mon visage un soin 100% gras ! pas une goutte d'eau, rien que du gras ! et j'adoore ! Il est en outre parfait en démaquillant à appliquer au doigt avant de rincer à l'eau ou avec une eau additionnée d'un peu d'hydrolat. Un régal pour la peau. 

Bref, un baume à emporter partout avec soi ! N'ayant rien de mieux sous la main, je l'ai conservé dans un pot-flacon en verre ambré, mais l'idéal serait peut-être un tube. Muji en propose de très pratiques, même si un peu chers. Ils ont en tout cas l'avantage de bien se nettoyer et de supporter l'alcool, ce qui permet de les réutiliser plusieurs fois. 

On choisira la quantité de cire en fonction du résultat souhaité - plus ou moins fluide - mais également de la température ambiante. Plus il fait chaud, plus votre baume aura tendance à se liquéfier. Alors, un petit truc pour un effet "kiss cool" garanti après la moiteur de la plage. Conservez le baume au frigo et sortez le au dernier moment. Prélevez au moyen d'une spatule un grain de riz : il va fondre au simple contact de la peau, vous apportant fraîcheur et soulagement immédiat. Parfait également après la douloureuse séance épilation.

Pour un effet plus cicatrisant ou apaisant, il est possible d'incorporer du macérat de calendula ou de camomille (les deux c'est encore mieux, mais je n'avais rien sous la main) à concurrence de 10% environ (en lieu et place des huiles d'olive et d'argan). Si vous souhaitez y intégrer des extraits CO2, augmentez le % de cire car ils ont tendance à liquéfier un peu les baumes.

Le parfum miellé de la cire est parfait en l'état mais on peut y mélanger quelques essences exotiques telles la vanille, le benjoin ou encore l'absolue de fève tonka. L'HE d'ylang-ylang introduite à petite dose apporte un petit côté sensuel très "sea, sex and sun" parfait en cette saison et que j'ai adopté. A vous de choisir !

Quand simplicité rime avec sensualité, c'est tout l'art du minimalisme à l'italienne. 

 Bises voluptueuses d'une Parisienne presque zen mais pas encore nonnifiée !


samedi 6 août 2011

Eloge du vide

Eloge du vide


Déménagement : le Larousse en donne cette définition "transporter des meubles d'un logement que l'on quitte dans un autre où on s'installe"

Un déménagement, c'est aussi vider un lieu d'habitation de l'ensemble de ses meubles et autres objets pour les transporter dans un nouvel endroit d'habitation.

Un déménagement, c'est souvent l'occasion de trier, donner, jeter tous ces petits riens qu'on avait fini par ne même plus remarquer tant ils étaient devenus inutiles.

Un déménagement, ça permet de mettre un peu d'ordre dans ses affaires et parfois dans sa vie aussi.

J'ai été amenée à faire plusieurs déménagements avant celui-ci. Malgré le surcroît de travail occasionné, ce fut toujours une joie pour moi. Il s'agissait toujours de déménagements voulus et choisis. Comme celui-ci d'ailleurs.

Et pourtant j'ai vécu ce dernier déménagement comme une épreuve traumatisante. Et l'ami Murphy n'est certainement pas le seul responsable de mon mal-être.
Ces dernières semaines ont été l'occasion d'une profonde remise en cause, essaimée de questionnements sur le sens de la vie en général et de la mienne en particulier. Sur ma place et mon rôle dans une société dont le seul credo semble être de sur-consommer.

Le déménagement s'est ainsi révélé le facteur déclenchant d'une douloureuse prise de conscience.

Je me suis sentie et me sens encore submergée par un sentiment de trop plein jusqu'à l'écoeurement, jusqu'à la nausée. Au sens propre.

Une bibliothèque débordant de livres jamais lus ou oubliés depuis la nuit des temps. Des placards regorgeants de sacs, chaussures, vêtements attendant d'être portés depuis... Depuis combien de temps,  au fait ? 

Sans oublier les rangements à cosmétiques emplis de fioles d'huiles essentielles, de nouveaux émulsifiants tous plus efficaces les uns que les autres, en attendre d'être testés, de principes actifs aux vertus miraculeuses qui attendent, eux aussi ... qu'un jour... peut-être... leur tour viendra... ou pas. 

Et que dire des kilos de savons et d'onguents en tous genres offerts par tant d'amies talentueuses et généreuses, mais qu'une vie entière de douches et crémages ne suffirait pas à épuiser.

Et ainsi de suite dans tant d'autres domaines.

Un déménagement, c'est l'occasion inespérée de se confronter à sa propre vérité, aussi dérangeante soit-elle.  Puis-je continuer ainsi à sur-consommer ? Ai-je besoin de remplir autant ma vie d'objets de consommation et de désirs pour trouver le bonheur ? Et consommer m'apporte-il vraiment le bonheur ?

Quel est le sens de toutes ces accumulations inutiles ?

En ce qui me concerne, ouvrir et oser enfin regarder vraiment le contenu de mes placards m'a donné une crise de foie carabinée, de celles qu'on attrapait enfin au moment des fêtes de Noël et qui vous secouent pour un bout de temps. La nausée me suit partout à la trace et aucune infusion de camomille ne parvient à la calmer. Seul le vide m'apporte soulagement et apaisement.

Je rêve de vivre dans un minuscule appartement lumineux et reposant,

Je rêve d'un endroit habité de quelques beaux objets  - deux ou trois, pas plus - aussi agréables à l'oeil qu'utiles. 

Je rêve d'un canapé moelleux dans un grand salon vide.

Je rêve de me déposséder de tous ces petits riens inutiles qui encombrent mon appartement, ma vie, mon esprit.

Je rêve que mon aménagement à Rome soit l'occasion d'un nouveau départ. Plus léger, plus conforme à mes aspirations, à mon moi profond.

Dans cette quête, j'ai emporté un compagnon de route, un ouvrage réchappé du grand ménage fait dans ma bibliothèque : "L'art de la simplicité" de Dominique Loreau. Il me semble que Kat en avait parlé sur son blog il y déjà quelque temps. C'est un livre remarquable, inspiré de l'esthétisme et de la culture Zen japonais où la simplicité et la frugalité sont érigées en art de vivre.


Parmi les citations de DL qui m'ont inspirée :

"notre société est pauvre de croire qu'être heureux, c'est posséder"
"vivre avec moins, mais avec plus de fluidité, de liberté, de légereté"
"sans vide pas de beauté"


Vaste défi ! 
D'autant plus difficile à mener à bien que Rome n'est pas la meilleure illustration du VIDE. Ici au contraire, tout déborde de couleurs, de formes, de bruits, de magasins de luxe, de touristes, de romains aussi... tout est riche et luxuriant. La tentation est tapie à chaque coin de rue. 

Mais après tout, quel meilleur faire-valoir pour le VIDE et la SIMPLICITE que ce débordement romain de luxe et de luxure ?

jeudi 4 août 2011

Loli la galère et Murphy la Poisse

Loli la Galère déménage
Laissez-moi vous présenter le nouveau copain de votre Lolitarose, l'ami Murphy. Mais peut-être avez-vous eu vous aussi l'occasion de croiser sa route  et d'apprécier ses inestimables qualités.

Non ? Vraiment ? vous ne connaissez pas l'ami Murphy ?

Murphy, le théoricien, théoriseur, théorisateur - je vous laisse choisir le terme que vous préférez - de la célèbre loi de Murphy. 

Toujours pas ? Alors, allez faire un petit tour par ici pour vous faire une petite idée. Sinon, en résumé, l'ami Murphy a mis sous forme d'équation mathématique la loi des "mauvaises" séries. En d'autres termes, il aurait mis en évidence qu'un évènement "schkoumoune" entraînait un autre évènement "schkoumoune", puis un autre et encore un autre... jusqu'à ce que la série prenne fin.

Et il semble que j'ai eu la malchance, que dis-je ? l'immense honneur !, de croiser Sir Murphy himself lors de mon déménagement de Paris à Rome, qui du coup a pris la tournure d'une épopée quasi apocalyptique (non, non je n'exagère pas !) et a failli transformer votre Lolitarose en héroïne de "Femmes au bord de la crise de nerfs".

Afin d'exorciser le mauvais sort et comme, de toutes façon, mes ingrédients et matériels cosmétiques sont quelque part au fond d'un carton enfoui sous d'autres cartons au fond d'une chambre d'amis, qui à ce stade est plus proche du hangar que de la chambre, je m'en vais vous relater par le menu les mésaventures de ce déménagement. Promis dès que je peux, je vous reparle aussi de cosméto.


Jeudi 21 juillet

Chaleureuse soirée d'adieu chez une très Parisienne princesse vénézienne en compagnie des copinautes parisiennes et du Petit Prince. Heureusement, l'ami Murphy n'a pas osé se pointer avec sa b... et son couteau (alors Michèle, as-tu pu la replacer ?) ; ce fut donc une merveilleuse dernière soirée sous le signe de l'amitié.

Vendredi 22 juillet

Le jour J. 
6h00 : Réveil très matinal  car les "grosbras" doivent arriver à 8h00. Dernier café avant fermeture définitive des derniers cartons.

9h00 : personne à l'horizon

10h00 : toujours personne...

10H30 : arrivée de 3 grosbras : " c'était bouché sur l'périph !"
Ben oui, c'est toujours bouché le périf le matin. Y débarquent d'où ces grosbras ?
"bon, ben nous on va s'prendre un café, parcequ'on a pas encore fait la pause..."
ben voyons ! après la grasse mat, la pause-café !

11h00 : les grosbras s'agitent enfin

13h00 : disparition des grosbras pour la pause casse-dalle. Ils ont juste oublié de nous le dire, pour que nous aussi on aille déjeuner, vu que toute la cuisine est sous cartons. J'envoie Zhom nous chercher deux sandwichs au coin de la rue.

18h00 : tout est enfin dans le camion et prendra la route dimanche soir pour nous être livré à Rome mardi 26 au matin ou peut-être même lundi soir.
Lolitarose enfile sa tenue de combat et attaque le grand nettoyage de l'appart en attendant l'état des lieux prévu à 19h30

20h00 : arrivée de M. Pinaille (c'est moi qui l'ai baptisé ainsi) et du début des emmer***. 
M. Pinaille arrive affublé d'un mini ordinateur contenant un logiciel "tout spécialement créé pour faciliter l'état des lieux". Oui, mais voilà au bout d'une heure, nous n'avions examiné que l'entrée !!! "il y a une tâche de rouille sur la porte numéro un du placard numéro 2 " clic-clac ; clic-clac et hop deux photos de la p'tite tâche. "il y a une rayure sur la porte numéro deux du placard numéro un" clic-clac, clic-clac et hop deux photos de la rayure.

"Dîtes il y en a pour longtemps, là ? parcequ'on a d'autres projets pour la soirée, nous !"
"Oh, là ! ma p'tite dame, arrêtez de me déconcentrer sinon on n'y arrivera jamais ! Ah ! la poignée de la fenêtre est légèrement défectueuse..."
"elle est pas défectueuse, y a pas de poignée ! y en a jamais eu vu que le proprio n'a jamais voulu faire le nécessaire..."
"Ah... oui, là j'peux pas mettre "bon état"..."
"ben non..."
clic-clac, clic-clac et hop deux photos de la fenêtre

"Bon dites! ça va encore durer longtemps ce cinéma ?" Là, la Lolita est à deux doigts de péter un câble " c'est quand même pas Versailles, non ! juste un modeste trois pièces sans prétention, on va pas y passer la nuit !!! et puis moi je refuse de signer un truc pareil qui n'a rien à voir avec l'état des lieux que j'ai fait quand j'ai pris l'appart...."
"Quoi ? Comment ?!!! mais ma p'tite dame si vous vouliez pas signer fallait m'le dire tout d'suite au lieu de me faire perdre mon temps... Et puis si vous signez pas, moi j'refuse de prendre les clés et vous aurez à faire aux huissiers !"

"Non, mais vous vous foutez de qui, là ?" là la Lolita s'énerve très très fort contre M. Pinaille " ça fait deux heures que JE perds mon temps parce que vous n'arrêtez pas de pinailler sur tout, j'ai dû annuler un repas d'adieu avec une amie... " A deux doigts de l'expédier par la fenêtre du 24 ème étage, le sieur Pinaille ; du bol que le système de sécurité ne permette pas d'ouvrir les fenêtres en grand.

22h30 : fin de l'état des lieux. Nous signons au moyen d'un stilet électronique en formulant moultes réserves.

Ma pauvre copine Pétronille a attendu patiemment auprès de la voiture chargée à bloc  que nous ne pouvions laisser dans la rue sans surveillance.
Nous traversons l'avenue d'Italie (et oui l'adresse était prédestinée) pour aller passer notre dernière nuit parisienne à l'hôtel IBIS Italie. Mais c'était compter sans l'ami Murphy, qui à l'instar de l'infect M. Pinaille s'était désormais incrusté !

"Ah, mais c'est qu'il est 22h30 et comme vous n'êtes pas venue à 19h00 et que vous n'avez pas appelé, ben... on a annulé votre réservation et là ben... c'est complet !"

Nouvelle scène de "femme au bord de la crise de nerfs" puis apparition de Zhom, talentueux acteur s'il en est, dans le hall de l'hôtel pour une tirade qui lui vaudra sans nul doute un prix d'interprétation aux prochains Césars  : "Put***, fait ch*** , plein l'c***... allez, monte dans la voiture on file direct à Rome !"
Loli au bord de la crise de nerfs : "moi à cette heure-ci et dans cet état je vais nulle part ! JE VEUX DORMIIIR ! "




Anticipant le pétage de plombs collectif, le jeune homme de l'accueil nous réserve un autre hôtel pas très loin, Porte d'Italie. Super ! nous serons plus près de notre destination !

Pendant ce temps, ma pauvre copine Pétronille reste stoïque malgré une soirée bien compromise (et le dîner aussi, d'ailleurs)
"Z'avez un GPS pour trouver l'hôtel ?"
"On va trouver, on connaît le quartier".

Adieux émus et humides à ma Pétronille et hop ! en voiture. Première à droite, deuxième à gauche et... zut ! nous v'la sur l'autoroute du sud ! 
Atterrissage aéroport d'Orly, zone de frêt. Deuxième tirade de Zhom "Put*** c'est quoi ce bord*** !!!" . Eh, eh ! c'est juste l'ami Murphy qui veille sur nous !

23h30 : arrivée dans notre chambre d'hôtel. Sommeil agité et peu réparateur

Samedi 23 juillet

8H30 : Nous prenons la route avec des mines lugubres et, pour reprendre une très élégante expression de Zhom (à croire qu'il a fait ses classes avec Audiard ce Zhom), "la gueule en vrac"

"tu vas voir ma Loli, ce soir on va récupérer ; pour notre première nuit en Italie, je nous ai réservé un petit hôtel tranquille en pleine campagne, on va bien se reposer"

17H00 : Arrivée sans encombre ; l'hôtel est charmant et au calme ; le personnel chaleureux et aux petits soins ; ils font aussi restaurant, spécialités du terroir

20h30 : Loli est tellement explosée qu'il lui faut caler son coude sur la table du restaurant, puis caler sa tête brinqueballante sur ledit coude pour qu'elle ne s'écrase pas dans l'assiette fumante de tortellini.
Je remarque quand même la tablée d'une trentaine de personnes passablement excitées dans la salle à côté  ; "Bravo Mario !!!" hurle un joyeux bout-en-train et toute la tablée d'applaudir et de renchérir à toute voix.

22h00 : au bord de l'épuisement, je me glisse sous les draps. Las, les joyeux drilles du restaurant hurleront et chanteront jusqu'à 2h30 du matin sans que le pauvre aubergiste ne parvienne ni à la calmer ni à les virer !

Dimanche 24 juillet 

3h00 : le calme est enfin revenu et je sombre dans les bras de Morphée (pas Murphy, hein ?)

6h30 : réveil. J'entre dans la salle de bains. "ahhhhh!!!! chéri ! chéri ! c'est affreux !"
"hmmm, qu'est-ce qui y a ? 
"mon dieux, c'est horrible y a E.T. dans la salle de bains !
loli au saut du lit
"quoi ? mais qu'est-ce que tu racontes ?"
"E.T. tu sais bien, ce monstre affreux avec de gros yeux bouffis et la tronche toute fripp..." "Ahhhh!!!! mais c'est pas E.T. c'est horrible !!!!"
"Put***, mais pourquoi tu gueu*** ?" 
"Bouh ! chériiii, tu trouves pas que le miroir de la salle de bains me fait une tête bizarre, hein ?"
"Ben y t'fais la gueu*** que t'as, quoi !" ( du Audiard, j'vous dis !)
"Ouin !!! je veux plus aller à Rome, je veux mourir !!!"

7h30 : départ de l'hôtel. Pour s'excuser, l'aubergiste, "la gueu*** en vrac" tout autant que nous, nous offre une bouteille de bon vin

9h30 : arrêt essence et café . "Merd**, les passeports ! on les a oubliés à l'hôtel" ; Eh, Eh, encore un coup de l'ami Murphy !

16h00 : arrivée à Rome ; installation dans un Bed and Breakfast cosy et sympa bien qu'un peu bruyant. Bienvenue en Italie !

Lundi 25 juillet

Grasse mat pour essayer de récupérer un peu. L'ami E.T. squatte toujours la salle de bains. J'envisage de supprimer les miroirs car même les super crèmes à effet anti-rides et super liftant des copines ne peuvent rien pour moi "ma pôv loli, on dirait qu't'as pris dix ans dans la vue"

11h00 : rendez-vous aux Pieux établissements (nous sommes à Rome et ici tout a une connotation religieuse) pour récupérer les clés de l'appartement.
Et voici le coquin Murphy qui nous fait une petite blague de bienvenue : "scusate, ma..." bref, on a perdu les clés et on nous demande de repasser dans l'après-midi...
Pas de nouvelles de nos grosbras ; par précaution (ou prémonition) nous décidons de garder le B&B une nuit de plus vu qu'à l'appart il n'y aura ni électricité ni eau chaude.

Mardi 26 juillet

C'est la Saint Loli aujourd'hui et je dois dire que tous les saints de l'enfer et du purgatoire, Murphy en tête de procession, se sont donnés le mot pour me souhaiter la mienne, de fête !
C'est aussi le jour prévu pour l'arrivée du camion.

7h30 : arrivée à l'appartement

10h00 : aucun camion à l'horizon

11h00 : "Loli ma soeur Loli, ne vois-tu rien venir ?" Ah ça non, c'est sûr que je ne vois rien ! "tu as les coordonnées des grosbras ? on pourrait peut-être essayer d'appeler pour savoir où ils sont ?"
"ça répond pas"
"et le siège à Paris, ils doivent pouvoir nous répondre, non ?"
"Allo, monsieur A., ici c'est M. Zhom, vous vous souvenez le déménagement à Rome ? Excusez-moi de vous déranger ( tiens, on a laissé tomber les scénarios à la Audiard), mais pensez-vous qu'il soit possible qu'éventuellement peut-être votre camion nous livre nos meubles aujourd'hui ?
"Mouais, les gars ont passé le Mont Blanc hier...."

Ben, heureusement ! parce que s'ils avaient traversé le détroit de Gibraltar, on était mal barré !
" Ouais, j'essaie de les joindre et j'vous tiens au courant..."

Loli et Zhom, assis sur le carrelage brique d'un appartement romain entièrement vide. Quelle belle façon de passer une journée.

15h30 : appel des déménageurs " ça fait deux heures qu'on essaie de passer dans vot' rue avec le camion, mais les carabiniers nous expulsent"
"Mais vous n'avez pas les autorisations ? c'est une zone à trafic limité, ici ; la rue est très étroite. A Paris, ils m'ont dit qu'ils s'occupaient de toutes les autorisations, ça n'a pas été fait ?"
"j'sais pas moi, on m'a rien dit ; j'appelle Paris et j'vous tiens au courant"

c'est ça, tenez-moi au courant

16h30 : "allô, Monsieur Zhom ? oui, voilà, alors... on a pas d'autorisation et on a pas le droit de rentrer dans vot'rue avant 20h00 ; mais nous, comme on a fait not' temps de roulage, on peut pas reprendre le camion avant 22h00 ; c'est un problème si on fait le démanagement de nuit ?"

Non mais je rêve ?! y sont tombés sur la tête les grosbras ! "ben moi la nuit je dors et les voisins aussi, donc ça va devoir attendre demain".
Retour B&B

Mercredi 27 juillet

Le calendrier ne le dit pas, mais l'ami Murphy - vraiment un chouette ami - a décidé que ce serait encore la Saint Loli aujourd'hui !

7h00 : arrivée à l'appart ; nous apercevons le camion au bout de la rue, à environ une centaine de mètres du portail d'entrée ; ça va encore faciliter les choses, déjà que l'ascenseur est grand comme un mouchoir de poche et qu'il va falloir grimper les 4 étages à pied avec meubles et cartons.

7h30 : nous découvrons les grosbras. Erreur, ce sont des petitbras - à peine plus épais qu'une tringle à rideau - et ils ne sont que deux ! Déjà qu'il leur a fallu toute une journée pour déménager Paris avec un méga ascenseur...
La journée se déroule normalement ; nous empilons cartons et petits meubles dans la chambre d'amis. L'appartement ne comporte aucun rangement et dans l'attente de courir chez le Suédois du coin pour commander des armoires, nous ne pouvons rien déballer.

Je profite du temps libre pour essayer de joindre les services de l'électricité à partir de mon nouveau téléphone portable italien, car je sais que les numéros verts ne sont pas accessibles avec un portable français.

"le numéro que vous avez demandé n'est accessible qu'à partir d'un téléphone fixe ; pour joindre le service depuis un portable, composez le 06 46 bla bla bla... Zut pas eu le temps de tout noter. Je recommence. OK, numéro enregistré.
Appel au nouveau numéro : "pour obtenir un service composer le numéro client et taper dièse"  xxxx dièse "le numero client que vous avez composé est inexistant, veuillez vérifier bla bla bla, bla bla bla.
Murphy, t'exagère !

17h00 : il pleut des cordes, les deux petitsbras peinent sous les meubles et cartons qu'ils sont obligés de porter un à un au milieu de la circulation de la rue. Petitbras numéro un se nomme Igor. Visiblement ennuyé, il vient voir Zhom " heu... voila... j'ai eu mon chef, il me dit qu'on doit être rentré à Paris avant vendredi mais qu'avant on doir charger à Florence et décharger à Venise... mais on va pas pouvoir, parce qu'on a pas fini chez vous... heu... il veut que je vous demande un supplément pour le retard... mais j'ai dit que c'était pas vous... vous voulez pas l'appeler...

Là, pas question de laisser Zhom aux commandes, la Loli s'empare du téléphone et appelle M. William à Paris. Et là, je vous dis pas comme je m'en suis donné à coeur-joie ; ça faisait un moment que je cherchais un bouc émissaire pour me défouler, et voilà que l'ami Murphy m'offre M. William sur un plateau d'argent. Bref, je lui ai passé une telle soufflante que je lui ai cloué le bec ! Exit le supplément ! Non, mais des fois !!!
Je sais c'est mesquin, mais on se console comme on peut !

20h00 : Hélas, l'ami Murphy était toujours tapi dans l'ombre et Igor et Alassane, mes deux petitsbras, n'étaient toujours pas venu à bout du déménagement. Restaient les meubles les plus encombrants et surtout le piano droit.
C'est là que le cauchemar a véritablement commencé. D'abord la pluie a redoublé d'intensité, une vraie pluie de mangues comme on les appelle en Indochine. Je ne savais pas qu'il y avait aussi la mousson dans la ville éternelle ?!? 
Puis ce maudit piano qui pesait bien trop lourd pour leurs frêles épaules et pour lequel on ne leur avait même pas fourni de sangles. Zhom, malgré ses propres douleurs, a tenté de les aider. A trois, ils ont mis une heure pour passer le premier étage. Lessivés, vidés, vannés ils étaient. Zhom a du renoncer. 

22h00 : le piano n'était toujours pas arrivé au ... deuxième étage ; bloqué au virage  

23h00 : le piano est enfin hissé jusqu'au deuxième étage puis abandonné sur le palier ; j'offre une petite pause repas aux petitsbras ; les voisins (rentrant à peine de vacances et dont nous faisons connaissance à cette occasion) s'émeuvent de la situation et Bernardo nous offre son aide
petitbras et le piano


24h00 : Igor, Alassane, Bernardo et Zhom attaquent les deux derniers étages avec le piano

Jeudi 28 juillet 

1h00 : le piano trouve enfin sa place dans le salon ; vernis écaillé et je préfère ne pas savoir dans quel état par ailleurs, tant je l'ai entendu cogner sur chaque marche

2h30 : nous avons nous-mêmes déballé la vaisselle et les objets fragiles et Zhom a monté les meubles car sinon qui sait à quelle heure nous aurions terminé. 
FIN du déménagement. Nous remercions nos pauvres petitsbras qui s'en vont dormir dans le camion (le patron refuse de leur payer l'hôtel) avant de reprendre la route.

3h00 : retour au B&B après une petite marche nocturne d'une demi-heure (des fois qu'on aurait pas fait assez d'exercice, hein Murphy ?).

Après quelques journées à essayer d'ordonner un tant soit peu le chaos qui règne encore dans l'appartement, nous sommes partis souffler quelques jours dans notre accueillante campagne des Pouilles. L'ami Murphy semble s'être volatilisé sans faire de bruit et je ne vais  pas m'en plaindre.

Il est dit que tous les chemins mènent à Rome.
Il est dit aussi que Rome est la ville de la Dolce Vita.
Ce qui n'était pas dit en revanche, c'est que Rome se mérite et que ne devient pas Romaine qui veut ! 


Salutations très chaleureuses d'une Parisienne qui voulait devenir Romaine.