samedi 26 février 2011

Premier savon de Cavallerizza

Premier savon

Article importé de mon blog numéro 1 et publié en août 2009

"Toute première fois, toute toute première fois..."  Qui n'a pas fredonné ce refrain, aujourd'hui totalement "vintage" ?
Vous souvenez-vous de toutes vos premières fois ? Premier regard, premier baiser, premiers émois... Et un jour il y eut le premier savon.
On dit qu'un savon doit mûrir avant de pouvoir être utilisé. Et bien, MON premier savon a très longtemps mûri ... dans mon esprit. Oh, non pas que j'ai pris tout mon temps pour parvenir à une formule sophistiquée ou complexe. Non. Tous ces mois de réflexion pour prendre la décision de "passer à l'acte", enfin. Bien préparer cette première fois pour que l'anxiété ne vienne pas tout gâcher. 
Profiter des vacances. Ici j'avais tout mon temps et surtout tout l'espace nécessaire sans risque de faire des dégâts irrécupérables. Un laboratoire de savonnerie rien que pour moi ! 




J'ai eu beau chercher et ressasser des formules dans ma tête, rien ne me convainquait. Ce premier savon se devait d'être à l'image du lieu qui le verrait naître. Et ce lieu c'est la Masseria Cavallerizza, cette petite maison rustique où je viens me ressourcer chaque année. 
Ce serait donc un savon simple et rustique aux parfums champêtres de citron, lavande et basilic, rehaussé d'un peu de vétyver. Pas de colorant, pas de parfum ou fragrance sophistiquée, ni moule recherché. 
Un savon brut ; simplement premier, que j'ai donc baptisé le savon de Cavallerizza, du nom de la contrada (lieu-dit) où se trouve la maison. 
Rassurée par les premiers récits des toutes nouvelles savonnières (n'est-ce pas Irène et MLKonarrêteplus ?) et encouragée par les plus expertes (Nansou, dont la créativité sans bornes n'a cessé de m'inspirer, mais bien sûr Michèle aux savons si raffinés,  Venezia et toutes les autres), je me suis levée un matin sereine, sachant qu'aujourd'hui serait le jour de mon premier  savon. 
J'étais prête, enfin.
Un saut au Bar du village pour me connecter à The sage et Soapcalc, entrer mes huiles et faire mes derniers calculs.
Côté précautions, (car si cette première réalisation n'a provoqué aucun stress, la soude restait quelque chose que je craignais particulièrement), j'ai relu avec beaucoup d'attention le récit picaresque de la première expérience de notre Princesse savonnière (Venezia) et j'en ai retenu que le ridicule ne tuait pas. 

Admirez donc la super pin-up savonnière

Et je confirme, je suis toujours bien vivante malgré un déguisement de schtroumf des plus sexy. Et je ne vous parle pas de la chaleur étouffante, alors même que le thermomètre affichait plus de 30°. 



Quelques préparations avant le grand jour. J'ai voulu tester un macéra de verveine odorante, au parfum très frais. Malheureusement, la verveine est peu lipophile et le parfum du macéra très ténu. Je l'ai réalisé avec de l'huile de soja en changeant les feuilles chaque jour pour redonner un peu de ce parfum citronné si caractéristique. Heureusement l'infusion, corsée est plus parfumée, mais je doute que la soude n'en laisse transparaître la fragrance.  
J'ai donc préparé à l'avance mes glaçons de verveine. Enfin, n'ayant pas emporté de chlorophyle avec moi et ayant envie d'un soupçon de vert dans ce savon rustique, je décidai de broyer des feuilles de verveine séchée jusqu'à en faire de très fines paillettes que j'ai incorporé au macéra destiné à être ajouté à la trace.
J'ai opté pour un surgraissage à 8 %  mais, pour une raison qui m'échappe (sans doute n’ai-je pas suffisamment mélangé la soude au liquide au départ), j'ai constaté lorsque j'ai versé ma solution  "liquide & soude" dans mes huiles que de petites perles de soude étaient restées collées au fond du bécher. J'ai donc au final utilisé moins de soude que ne le prévoyait le calculateur et le surgraissage sera donc plus important  sans que je puisse déterminer de combien.
L’atelier de la savonnière
Tous les ingrédients ayant été préparés à l'avance sur la table protégée d'une toile cirée de circonstance, il ne me restait plus qu'à me jeter à l'eau. La soude et l'infusion ayant eu tout le temps d'arriver à bonne température fraîchement blotties au fond d'un évier-lavoir fort pratique.
Les ingrédients
27% Huile de coco
15% huile de palme bio
14% huile d'olive (des Pouilles)
17% beurre de cacao
2% beurre de karité 
15% huile de soja
10 % huile d'abricot
A la trace, macéra de verveine sur huile de soja 8%
Le calculateur m'a donné une valeur de soude de 74,86 gr pour 500 gr d'huiles (surgraissage à 0%) ; et une valeur moyenne de liquide entre 125 et 188 ml, j'ai choisi de prendre 170 ml pour être certaine de bien voir la trace.
La trace est arrivée très vite et je n'ai eu qu'un dixième de seconde d'hésitation pour la "voir" car la texture est très vite devenue celle d'une "crème pâtissière" assez consistante. J'ai donc immédiatement versé le macéra et ses paillettes de verveine, puis les huiles essentielles ; un dernier petit tour de mixer, et hop ne restait plus qu'à verser dans le moule. 
direction séchage
Toujours dans ma quête de simplicité, j'ai donc choisi un moule carré, à partir duquel ont été découpés les pains de savon que j'ai installés dans une pièce relativement  fraiche en attendant d'abord le démoulage, puis le séchage complet.
Comme je l'imaginais, l'odeur de verveine s'est dissoute et domine en revanche assez nettement le basilic (alors que j'ai forcé la dose du citron-mandarine !).
Je vous présente donc ce savon “simplement premier”, mais certainement pas le dernier des savons de Lolitarose.
carrés au basilic tout simples

Après 48 heures, j’ai pu découper le savon, mais je n’ai démoulé qu’au bout de 4 jours, 
le savon s’avérant assez mou et le séchage visiblement assez long (le savon restait collé au fond du moule), malgré les données calculées sur Soapcalc, que je vous livre :


-dureté               46
-pouvoir nettoyant    18
-pouvoir émollient    50
-pouvoir moussant     18
-crémosité            27
 -INS                  155   


avec les chûtes

Savon "Luna Piena sur le Mont Basiliano"

vous en reprendrez bien une tranche

Avez vous jamais remarqué comme les nuits de pleine lune sont belles et fascinantes lorsqu'on les regarde depuis un coin de campagne vierge de toute la pollution visuelle des grandes métropoles ?

Le disque argenté irradie le ciel dès le coucher du soleil. En été, si vous vous trouvez tout au sud de l'Est ou tout à l'est de Sud - bref, si comme moi vous avez le bonheur de passer vos vacances quelque part au coeur de l'incontaminée vallée d'Itria nichée au coeur du talon de la botte transalpine - alors vous pourrez vivre ce moment magique dès la fin de l'après-midi, quand le soleil couchant colore le ciel  de pourpre et que le disque lunaire déjà se dessine.

C'est cet instant unique qui m'a inspiré ce savon, réalisé dans mon petit atelier de savonnière dans ma campagne des Pouilles, pendant mon séjour de l'été dernier.

Ce sont également les parfums du jardin qui m'ont inspirée. 

sieste sous le figuier
En aôut, c'est une avalanche de fiches mûres et odorantes qui m'assaille, lorsqu'en plein "cagnard", je m'en vais faire une sieste sous le vieux figuier.  

J'ai donc pour une fois dérogé à mon habitude de ne parfumer mes savons qu'aux huiles essentielles et c'est grâce à une fragrance - présentée comme naturelle - que j'ai parfumé ce savon.

Pour la couleur, racine de rhubarbe (merci mlk) et quelques graines d'urucum (VOY), macérées dans de l'huile d'olive (olives de mon jardin également).

Pour les inclusions lunaires, j'ai choisi un autre parfum, symbole des jardins méditerranéens : le basilic


Le nom de "Mont Basiliano" est ainsi un double hommage, à l'arômate bien sûr, mais également aux moines basiliens, dont la légende dit qu'ils sont les fondateurs de la petite cité des Pouilles où votre lolitarose aime à se ressourcer. 


Avant d'aller plus avant, un petit rappel de quelques précautions d'usage.

Pour celles qui sont déjà des savonnières expérimentées, mais dont l'expérience aurait tendance à endormir leur étincelle de prudence,

Pour celles qui débutent et sont trop concentrées sur la technique au point d'en oublier quelques règles élémentaires, et enfin

Pour celles qui voudraient bien mais n'osent point encore,

voici quelques règles élémentaires mais incontournables que toutes celles qui pratiquent la savonnerie maison se doivent de respecter.

Un savon est composé d'un mélange d'huiles et de lessive de soude. Ce qui signifie, vous l'aurez toutes compris, que dans la liste des ingrédients que vous allez devoir manipuler, il y a la soude caustique, qui comme son nom l'indique on ne peut plus clairement EST CAUSTIQUE.

En conséquence, avant de vous lancer :

-protégez votre plan de travail (toile cirée, bâche plastique, papier journal...)
-protégez vous pendant toute la durée de l'opération, du versement des billes de soude lors de leur pesée jusqu'au nettoyage des ustensiles et enfin au démoulage, le lendemain. On se protège les yeux avec des lunettes spéciales, les mains avec des gants de caoutchouc, et on évite de savonner en tongs et bras et jambes nues.

Je vous renvoie à mon tout premier savon dont j'avais relaté la réalisation sur mon blog numéro 1 - article malheureusement inaccessible aujourd'hui -  pour approfondir la question et allez ! parce que je suis bonne fille, je vous autorise même à vous moquer !

Je  profite d'ailleurs de ce post pour commencer à importer certains articles de mon ancien blog. Ainsi, celles qui ont des difficultés à y accéder pourront retrouver ma "vieille" prose sur ces pages.

Les deux posts seront donc publiés concommitament.


Maintenant que vous avez ri tout votre saoul, retroussons nous les manches et passons aux travaux pratiques.


Tout d'abord, la formule de la pâte colorée.

le macéra
Ingrédients

-45% macéra de rhubarbe + urucum (léger) sur olive
-25% HV coco indien
-10% HV palme bio
-10% gras de boeuf
-5% beurre de karité 
-5% HV ricin

La soude a été calculée pour un surgras de 5%


Pour les débutantes ou futures débutantes, il est impératif de calculer la quantité de soude nécessaire à la saponification pour chaque recette, car les huiles utilisées et surtout leurs proportions varient de recette en recette et influencent le poids de soude à calculer. C'est la raison pour laquelle je ne donne jamais la quantité. 


Vous avez un excellent calculateur chez The sage. Ou, pour celles qui ont la chance de posséder un iPhone - je pense que la même chose doit exister pour les tablettes iPAD - vous pouvez télécharger l'application SOAP qui vous permet également de faire vos calculs rapidement, sans nécessité de brancher votre ordinateur et de vous connecter à Internet (Merci Irène pour le tuyau !).
Le logiciel vous fournira également la quantité de liquide de dissolution nécessaire.
  
Pour cette recette j'ai utilisé de l'eau déminéralisée et choisi la quantité moyenne.

Une fois, la soude versée dans l'eau (JAMAIS L'INVERSE) et bien mélangée à l'aide d'une baguette chinoise, j'ai introduit une demi cuillère à café de pigment violet pour renforcer la couleur.

Après avoir fondu les huiles et beurres et ramené les deux phases (eau + gras) à environ 40°, j'ai versé la lessive de soude dans les beurres (JAMAIS L'INVERSE).

A la trace légère, j'ai ajouté

-4% HV soja
-1,5 % macérat de figue de barbarie sur tournesol

soit au final, un surgras total de 10,5%

-parfum senteur figue + quelques gouttes d'HE de Petit Grain Bigaradier (Purissime)pour retirer un peu le parfum trop sucré de la fragrance.

Dès l'introduction du parfum, la pâte a figé très vite.

J'ai alors déposé un "boudin" de savon blanc au basilic dans le fond du moule en bois japonais, Café de savon, puis versé la pâte assez épaisse et enfin posé sur la surface des petites boules de savon blanc.

le savon prêt à sécher

Le moule n'a pas été refermé (débordait), mais je l'ai enfermé dans le four pendant environ 20 heures avant de démouler et de tailler en tranches.


Formule des savons blancs au basilic

-30% macéra basilic sur olive
-25% palme
-20% coco
-10% chanvre
-10% karité
-5% ricin

Soude(italienne en paillettes) pour un surgras de 5%

Liquide de dissolution : infusion de menthe et basilic (du jardin) + un peu d'eau de concombre

A la trace 4% soja
HE basilic

savon Basiliano
Coulé dans des pots à yaourts "à la truelle" (la faute à une chaleur suffocante dans l'atelier et à un karité un peu oxydé).

L'idée d'origine était d'obtenir un savon vert sans ajout de colorant mais au final il est d'un blanc crème.

J'en ai fait de petites tranches rondes sur lesquelles j'ai tamponné le nom. 

Et avec les chûtes, j'ai réalisé de petites boules et des boudins.

Finalement, j'ai obtenu deux savons fort agréables pour le prix d'un. Tous deux offrent une mousse onctueuse et très crémeuse. Tout particulièrement le Basiliano en raison de la proportion élevée de beurre de karité. C'est finalement comme ça que je préfère les savons : crème de savon quand on l'utilise sous la douche.

Quant au Luna Piena sur le Mont Basiliano, le parfum de figue domine et nous rappelle chaque matin que l'été n'est plus très loin.

Luna piena...




samedi 19 février 2011

Crème d'amandes pour les mains

Fleur d'amandier dans mon jardin

Envie d'une crème très confortable pour les mains. Une crème apte à hydrater et à protéger les mains desséchées des courageuses jardinières d'hiver. 

Envie également de simplicité. 

Simplicité dans le choix des ingrédients mais également dans la formule.

Envie enfin d'approfondir encore les potentialités de l'émulsifiant olivem 1000, réputé pour donner des crèmes légères, pénétrant vite mais que les peaux sèches ou sensibles trouvent trop desséchant, ou du moins pas assez émollient.

J'ai donc voulu prendre cet émulsifiant à contre-pied et l'utiliser pour une crème très riche - plus de 50% de phase grasse, si, si vous avez bien lu - à la consistance bien compacte, façon crème Ni**a.

Dans les vieux grimoires de parfumeurs du XIX ° siècle, on vante souvent les vertus de pâtes d'amandes, réalisées avec de véritables amandes, dans le soin des mains. Je ne souhaitais pas reproduire une de ces vieilles recettes, mais la simple évocation de l'amande m'a rappelé le merveilleux parfum de la pâte d'amande (la vraie, celle que nos grand-mères confectionnaient à la maison avec les belles amandes récoltées au jardin). 

J'ai alors pensé parfumer ma crème avec l'huile essentielle d'amande amère commercialisée par AZ. Je l'avais tout d'abord achetée en vue de parfumer des savons, vu la puissance de son arôme, mais finalement j'ai trouvé le parfum plutôt sympa pour une crème mains. Et pour rester dans l'imaginaire de l'amande, j'ai choisi de teinter la crème en vert amande.

Le bain-marie
Une réalisation en one pot pour rester dans le mood "simplicité".

Les ingrédients

40% eau déminéralisée (les 40% incluent l'évaporation, d'où un total > 100%)
24 % HV olive (des Pouilles, bien sûr)
19 % HV riz (Zinette)
 5 % olivem
 2 % acide stearique
 2 % beurre de cupuaçu (The Herbarie, excellentissime) 
 1 % cire de riz (AZ)

On verse le tout dans un chaudron au bain-marie, on laisse fondre en faisant bien attention à ce que la cire de riz ait totalement fondu (point de fusion très élevé).

Toujours à chaud, on mélange au fouet à mains puis au mixer électrique pour éviter les risques de déphasage vu la proportion de gras.

On continue de bien mélanger dans un bain-marie froid, jusqu'à l'obtention d'une belle texture lisse, épaisse et brillante.
crème avant coloration

A froid, on introduit un à un les ingrédients suivants 

10 gr gel d'aloé 
1  pte couteau colorant indigo
0,5% geogard
1% HE 3/4 amande 1/4 cèdre himalaya

Finalement j'aurais pu baptiser cette crème Simplicité, car la réalisation se fait en un tour de main.

Le résultat est comme je l'attendais. Une texture bien riche, permettant de masser longuement les mains pour laisser pénétrer. Hydratante et protectrice en raison de l'effet légèrement filmogène apporté par la cire de riz et du beurre de cupuaçu à la haute capacité de rétention d'eau. La cire de riz apporte en outre un petit effet velouté à la façon des gants que les Dames du temps jadis enfilaient pour dormir.
Le parfum de l'amande emporte tout sur son passage. Il faut doser très prudemment.

Je suis étonnée du résultat obtenu avec l'olivem 1000. Bluffée même. Et pour être tout à fait honnête, les essais réalisés par la suite avec l'émulsifiant olive protection (que je vous présenterai prochainement, toujours pour une crème riche, se sont avérés eux très décevants. 


J'espère que mes jardinières et autres testeuses auront apprécié autant que moi.

Crème d'amande


dimanche 13 février 2011

Baume à tout faire

Bô, bô, bô, bôm 

S'il est un classique et un incontournable de la cosmétique maison, c'est bien le baume. C'est souvent ainsi que l'on fait ses premières armes de cosméteuse home made, car le baume de par sa couleur et sa texture évoque immanquablement les recettes de grand-mère.
Pour moi, le baume est un produit à mi-chemin entre la cosmétique et le soin thérapeutique. Qui n'a pas en mémoire les baumes à l'arnica contre les contractures musculaires ou les baumes respiratoires que l'on nous appliquait sur la poitrine pour apaiser nos gros rhumes d'hiver. Et puis il y a les baumes plaisir avec lesquels on se masse le dos, les pieds... 

S'il est une personne qui a véritablement donné ses lettres de noblesse aux baumes en tout genre, c'est notre Princesse Venezia, qui sur son blog a décliné le baume sous toutes ses facettes, textures, couleurs, usages, parfums...pour notre plus grand plaisir à tous. Pour n'en citer qu'un type, je dirais que peut-être les plus surprenants sont ses baumes pour rêver, où le choix des huiles essentielles n'a d'autre but que de nous emporter au pays des rêves.

Pour ma part, j'utilise les baumes principalement pour leurs vertus thérapeutiques : anti-bactérien, anti-inflammatoire, anti-hématomes, réparateur, protecteur...     

En saison froide, rien de plus efficace qu'un baume anti-rhume pour lutter contre les mauvais virus de l'hiver. Mais c'est le seul baume que je ne confectionne pas moi-même car Venezia (et oui, encore elle) m'offre régulièrement un baume aux huiles malgaches baptisés "Stop Crève" à l'efficacité redoutable - Princesse si tu passes, envoie moi le lien, je n'ai pas pu le retrouver sur ton blog.
Voici enfin le lien pour ce baume dont je ne me sépare jamais.

Cet hiver, j'ai réalisé trois baumes très différents, mais que je traîne partout avec moi, même si à l'origine ils ne m'étaient pas spécialement destinés.

Le premier est un incontournable dans la catégorie des baumes et je crois bien qu'il en existe autant de versions qu'il existe de cosméteuse et je dirais même, lorsque je lis les blogs des unes et des autres, que chacune d'entre nous en a plusieurs versions. J'ai donc nommé le champion toutes catégories : le baume à lèvres, que pour ma part j'ai décliné en trois versions ! quand je vous disais...

Le second, que je ne devrais d'ailleurs pas appeler "baume", car techniquement parlant il s'agit en fait d'une pommade, est un soin destiné aux mains malmenées et gercées des jardinières d'hiver.

Enfin, le dernier, que j'ai baptisé "Calmobôm", est un véritable soin SOS aux propriétés anti-inflammatoires (tant sur le plan dermatologique, qu'au niveau des contractures ou des articulations) et anti-hématomes.

Baume à lèvres

Après avoir testé tous types de formules, à la cire d'abeille, aux cires de fleurs, à l'acide stéarique, sans cires, je reviens à ma toute première recette car finalement c'est la seule qui assure à la fois un pouvoir réparateur lorsque j'ai les lèvres gercées et crevassées. Mais surtout, c'est la seule  qui me permet de lutter efficacement et durablement contre le déssèchement. 
Donc, pour ces baumes qui m'avaient été commandés par une amie qui souhaitait en offrir à toutes les femmes de sa famille (toutes les générations étaient représentées), j'ai choisi les ingrédients suivants.

Pour 5 petits sticks

Version 1 : soleil gourmand

-8 gr de macéra d'urucum sur jojoba
-7 gr de beurre de cacao
-6 gr de cire d'abeille (blanche de grade pharmaceutique)
-2 gr d'huile de ricin
-1 gr de cire de candelilla

quelques mica et paillettes pour le fun

-5 gouttes d'HE d'orange  auxquelles j'ai rajouté 5 gouttes d'arôme alimentaire de coquelicot

Version 2 : bouton de rose

formule identique mais avec de l'huile de jojoba nature, un peu de colorant cosmétique pour obtenir un joli rose et de l'HE de bois de rose

Version 3 : anti-herpès

ce dernier baume avait une visée plus thérapeutique puisqu'il permet de stopper les boutons de fièvre tout autant que les poussées d'herpès et cela en favorisant la cicatrisation de la muqueuse.

Formule très proche des précédentes, mais avec une moindre quantité de cire d'abeille et un ajout de beurre de nilotica
-8 gr d'HV de jojoba
-7 gr de beurre de cacao
-5 gr de cire d'abeille
-2 gr d'HV de ricin
-1 gr de beurre de nilotica
-1 gr de cire de candelilla

un peu de chlorophylle pour la couleur et des huiles essentielles ciblées : 4 gouttes tea tree, 3 gouttes lavande officinale, 3 gouttes achillée.
J'ai préféré le beurre de nilotica au beurre de karité car j'ai constaté que contrairement à son cousin karité, le nilotica ne granulait pas lors des changements de températures.

Cette formule est hyper confortable et parfaitement adaptée à cette saison : le baume reste très ferme mais glisse merveilleusement bien sur les lèvres. Il supporte parfaitement les écarts de température entre extérieurs très frais et intérieurs surchauffés. Pour le plein été on pourra augmenter le pourcentage de candelilla, si nécessaire.

Le 3 en 1 chic, chic, chic
J'ai tout conditionné en sticks car c'est encore ce que je trouve le plus pratique pour les lèvres. Mais comme à chaque fois, il m'en est resté un peu j'ai rempli un très joli étui multibaume offert par Michèle, ce qui me permet de changer de parfum tout au long de la journée, en fonction de mes envies ou de mes besoins. Et en plus c'est ultra-chic. Merci Michèle !



Pommade des jardinières

Une de mes amies - appelons la Amy - s'est découvert une passion pour le jardinage au point qu'elle y consacre tout son temps libre et ce par tous les temps. Comme son jardin est du côté de la Picardie et que cette saison, ni le froid ni la neige ne nous ont épargnés, ses mains - déjà naturellement sèches - ont beaucoup souffert. J'ai donc souhaité lui confectionner un soin susceptible de protéger et de réparer ses mains malmenées.
coco hydrogénée
J'avais en premier lieu pensé à un baume classique, puis une autre amie m'ayant indiqué les ingrédients qui composaient une crème achetée en pharmacie et dont elle voulait s'assurer de l'inocuité, j'ai pensé qu'une pommade ferait tout aussi bien l'affaire. La crème de pharmacie - dont je ne connais d'ailleurs pas le nom et dont j'ai oublié le détail de la formule - contenait de l'huile de coco hydrogénée. Et j'ai donc eu l'idée de réaliser cette pommade à partir d'huile de coco hydrogénée.

Pour l'effet protecteur, j'ai choisi d'y adjoindre du beurre de cacao en lieu et place de cire. Pour réparer et aider à la cicatrisation j'ai opté pour un macéra de millepertuis auquel j'ai ajouté de la teinture de benjoin et de l'extrait de calendula.
Les huiles essentielles ont également été choisies pour leurs vertus, circulatoire, antibactérienne et cicatrisante

la formule de la pommade de la jardinière

-50 gr HV coco hydogénée
-10 gr beurre de cacao
-5 gr macéra millepertuis
-1% teinture de benjoin
-1% extrait CO2 calendula
-33 gouttes HE dont lavande (15 gts), ciste ladanifère (8 gts), tea tree (10 gts)

Comme pour un baume, la réalisation est ultrasimple puisque il suffit de faire fondre les gras, d'y incorporer les extraits puis les HE et de verser en pots.

pommade de la jardinière
Il se dégage un fort parfum balsamique que personnellement j'adore. La texture permet un long massage apaisant et réchauffant, puis sitôt arrêté le massage, la pommade pénètre assez vite. C'est un soin très efficace. 

Autrefois, on réalisait les pommades avec du gras animal dans lequel on faisait macérer des plantes, mais il avait le défaut de rancir trop vite d'où l'invention des huiles hydrogénées. Les extraits CO2 sont un concentré des bienfaits des plantes et sont extrêmement efficaces.
Je me suis longuement interrogée avant d' utiliser de l'huile hydrogénée et j'avoue que je suis toujours perplexe car d'un côté on lit les pires horreurs sur les dangers  - et pas seulement alimentaires - de ces huiles ; d'un autre, ces mêmes huiles se retrouvent dans des cosmétiques labellisées écocert.
Que croire ?


Calmobôm ou Baume miraculeux

Ce dernier baume a été réalisé dans l'urgence pour ma maman qui, la veille de mon départ pour aller passer les fêtes de Noël chez elle, m'annonce qu'elle est tombée et a le bras tout noir ! Evidemment, elle n'a pas jugé utile d'aller consulter un médecin ni même de demander une crème au pharmacien.
Je me suis donc précipitée dans mon placard pour en sortir quelques ingrédients ciblés et lui concocter un baume anti-bobo.

J'étais pressée (valise à boucler et lever tôt le lendemain) et j'ai donc composé d'instinct.

Comme excipient, j'ai exhumé du frigo du beurre d'autruche (offert par Michèle) pour ses vertus anti-inflammatoires reconnues. Pour tout savoir sur ce beurre, faites un tour ici. C'est excellent pour la peau et en plus ça donne des textures très souples, fondantes et très agréables aux baumes. Je l'ai donc utilisé, en conjonction avec ma chère huile d'olive des Pouilles, pour réaliser un macéra à chaud d'hélychrise et de calendula. Une petite heure au bain marie à feu très doux.
Ensuite, ça va tout seul : on rajoute de l'extrait CO2  de camomille et de calendula et on finit par incorporer de l'huile essentielle d'hélyhrise quand la température a bien baissé.
Si j'avais eu plus de temps devant moi, j'aurais d'abord laisser macérer mon beurre d'autruche avec des fleurs de calendula, de camomille et d'hélychrise (le tout récolté par votre Lolitarose dans les Pouilles ! Et oui, cette région est un véritable jardin arômatique !)


La formule du calmobôm

-160 gr macéra de calendula et hélychrise sur autruche/olive 
-15 gr cire d'abeille de l'apiculteur (au parfum de miel de tilleul superbe)
-1% CO2 calendula
-CO2 camomille, comme j'avais retiré le compte gouttes, j'ai eu la main très lourde mais l'idée était de mettre 1%
-1 gr HE hélychrise italienne

calmobôm très camomille
On obtient un baume crémeux et onctueux d'une couleur verdâtre en raison du CO2 de camomille et où le parfum de camomille domine.
Ce baume s'est avéré très efficace pour faire disparaître l'hématome, effectivement très sombre. Je l'utilise également régulièrement lorsque j'ai des courbatures ou encore un début de migraine provoqué par une arthrose cervicale. Et ça marche. En plus mes mains l'adorent car il rend la peau toute douce.

Décidément j'aime de plus en plus cosméter avec des ingrédients culinaires : beurres, huiles, herbes... c'est simple, efficace et vraiment gratifiant !

Du coup, j'ai décidé d'ouvrir une nouvelle rubrique

 "La cosméto dans la cuisine"