dimanche 16 janvier 2011

Gel crème visage anti-âge


Blancheur éternelle

Bien que je n'aime pas refaire une émulsion à l'identique, j'avoue que certaines formules sont tellement adaptées à ma peau que je finis par y revenir quand même. C'était le cas pour une crème que j'avais élaboré l'année dernière à partir des mêmes ingrédients clés - en particulier le bioferment marin et l'extrait de datte Phoenix  -  et que j'ai retravaillée pour en faire une crème très hydratante et restructurante à la texture quasi gélifiée.

Comme souvent lorsqu'il s'agit d'un soin destiné au visage, j'ai voulu une crème d'un blanc immaculé, ce qui m'a conduit à éliminer de la formule les huiles ou macérats trop colorés.

J'ai donc choisi un mélange désormais éprouvé que je trouve idéal pour le visage : jojoba-coco-squalane-kokum dans la phase huileuse. 
Et un système émulsif parfait pour créer des textures à la fois légères et très protectrices et hydratantes : olivem-cetearyl glucoside. Comme épaississant j'ai préféré le cétyl palmitate à l'alcool cétéarylique et, couplé à 2% d'isopropyl palmitate, cela a donné une émulsion fine, glissante et bien absorbée par la peau.

Ce soin ayant vocation a aider la peau à rester éternellement jeune, j'ai donc conservé les deux actifs que j'avais introduits dans ma crème de la Mer, le bioferment marin et l'extrait de datte que the Herbarie commercialise sous le nom de D-Orientine.

Je vous livre tout d'abord la formule avant de revenir sur les actifs clés. 


Formule du gel-crème

Phase huile  22,5%
-5% olivem
-3% beurre de kokum
-3% HV jojoba
-2,5% glycérine végétale
-2% cétyl palmitate
-2% HV coco odorant
-2% squalane
-2% isopropyl palmitate
-1% cétéaryl glucoside (copaïba)

Phase eau  70% 
-50% eau déminéralisée
-20% hydrolat de salicorne (sel en mer)

Phase 3   10%
-2% HV son de riz (zinette)
-2% bioferment marin (the Herbarie)
-1% HV figue de barbarie (zinette)
-1% D-orientine (the Herbarie)
-0,5% cosgard
-0,5% HE dont gingembre papillon (biomada), hélychrise italienne (lavandes et compagnie), carotte sauvage (Claude Mabille), encens oliban, ylang-ylang (producteur de Mayotte)

A froid, 3% gel d'aloé vera

Il y a un total de plus de 100 %, mais cela permet de tenir compte de l'évaporation de l'eau lors de la chauffe.


Bien que j'aie associé deux émulsifiants, j'ai pratiqué la méthode one pot, en prenant soin de faire chauffer au préalable les gras ou cires. Le mélange s'est fait en alternant la cuillère magique et le mixer électrique. 
Après que l'émulsion ait pris et qu'elle ait refroidi, je l'ai mise au frigo une demi-heure puis j'ai mixé à nouveau au mixer électrique. Je trouvé que par ce moyen on augmente la stabilité de l'émulsion. 


Une fois que l'émulsion a acquis sa texture définitive, j'ai introduit le bioferment marin par petits ajouts, en mélangeant bien mais très lentement à la spatule pour ne pas casser le gel. Puis j'ai introduit le gel d'aloé vera en procédant de la même manière.

Le résultat est une fine crème quasi gélifiée, extrêmement onctueuse où l'ajout de gommes gélifiantes ne s'est même pas avéré nécessaire.

Hedychium coronarium
J'ai choisi une synergie d'huiles essentielles  ciblée : l'hélychrise italienne, merveilleuse comme actif circulatoire et anti-rougeurs ; la carotte sauvage, pour ses propriétés restructurentes et régénérantes ; l'encens, anti-inflammatoire et anti-âge ; l'ylang de Mayotte parce que je trouve son parfum irrésistiblement sensuel et enfin le gingembre papillon (Hedychium coronarium) qui apporte à l'ensemble l'apaisement et l'harmonie.




Voici ce que dit le site de l'Asterale (ex-Biomada) de cet hedychium : "parfum sauvage et résineux, son action est protectrice, réconfortante et motivante ; une huile exceptionnelle, précieuse et intrigante... Ceux qui l'ont utilisé ne peuvent plus s'en séparer." Je confirme que j'ai eu un vrai coup de coeur pour cette huile.

Au final, un parfum discret mais bien présent, tout en élégance. A celles qui ont encore des réticences à utiliser la carotte, voici un nouvel exemple d'une synergie parfumée où elle a trouvé sa place.


Mais passons maintenant aux autres actifs, dont j'ai d'ailleurs déjà eu l'occasion de parler lorsque j'ai publié la Crème de la Mer. Mais comme je sais que mon blog numéro 1 n'est pas très accessible, je vous refais un petit topo. 
Culture d'algues
Commençons par le bioferment marin, issu des algues laminaires comme on en récolte sur les côtes bretonnes.
Les laminaires sont très riches en minéraux, vitamines (quasiment toutes), oligo-éléments, acides aminés, algine, iode. 
Les recherches dans le domaine des biotechnologies ont conduit à associer des ferments lactiques  à cette algue pour élaborer un bioferment marin à usage cosmétique. Celui-là même que l'on retrouve dans la célèbre Crème de la Mer du Dr Huber et qu'il a baptisé  (et breveté)  le Broth miracle.
Cet actif est reconnu comme très nourrissant pour la peau en raison de sa richesse en nutriments. Il apporte une hydratation renforcée et aide à la régénération cellulaire. Il a également des propriétés raffermissantes, équilibrantes et adoucissantes. 
On peut l’incorporer à un soin (crème, sérum ou masque) ou encore l’utiliser seul, auquel cas il est aussi bien adapté aux peaux grasses, car il n’est même pas besoin d’y adjoindre une huile ou autre gras, qu’aux peaux normales ou sèches qu’il hydrate et nourrit intensément.  
Seul bémol, on n'en trouve pas en France (du moins pas à ma connaissance).
Fruit du palmier
Second actif de choc (si, si je vous assure !) pour ce soin anti-âge : l'extrait de datte de palmier phoenix ou D-Orientine.
La datte a des vertus hydratantes, nutritives, adoucissantes, régénérantes et émollientes. Par les sucres qu’elle contient - un peu à l’instar du miel - c’est un véritable soin pour les peaux agressées et déshydratées. 
Le D-orientine est  un extrait de noyau de dattes dans de l’huile de coco fractionné. C'est un réparateur cutané  particulièrement adapté aux peaux mâtures, fragiles et sensibles en raison de la présence de phytostérols, phytostéroides (hormone-like), isoflavones et acide ursolique.
On trouve de l'acide ursolique dans quantité de plantes et fruits incluant outre les dattes, les pommes, les canneberges, les prunes, la menthe poivrée, la lavande, l'origan et le thym. Il possède des propriétés anti-inflammatoires et anti-microbiennes.
L'acide ursolique est également utile en application topique où on l'utilise pour traiter les brûlures. De plus il stimule la production de collagène, réduit les rides, lisse et raffermit la peau. 
C'est pas merveilleux ?



Dernier petit trésor cosmétique : l'huile de figuier de Barbarie. Une merveille de la nature, comme nous le rappelle son prix. Cette huile est un concentré d'actifs jeunesse tant sa teneur en acides gras essentiels et en anti-oxydants est élevée. Elle contient en outre de la vitamine E, des polyphénols, du squalène et des phytostérols.
Cicatrisante, nourrissante et émolliente, c'est un puissant anti-rides et anti-âge. Elle revitalise et tonifie la peau, la répare et la protège des radicaux libres, tout ça sans effet gras.
Elle est parfaite nature en guise de sérum, utilisée seule ou sous sa crème de jour.
En plus, bien qu'elle soit produite au Maroc, elle me rappelle ma chère région des Pouilles où poussent partout d'énormes figuiers de Barbarie. 
Avec tous ces ingrédients précieux, j'ai conscience que c'est une crème de luxe. Mais les Belles Pépettes à qui elle était destinée (moi y compris, of course !) le valent bien !

crème précieuse des Belles pépettes